Archives de l’auteur : par Jean-Marc Sylvestre

Vu d’Allemagne : Valls, « un affamé de pouvoir » ; François Hollande, une fin « ridicule » ; Fillon-Macron, le duel qui se profile

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La presse allemande se déchaîne contre l’exécutif français : elle n’a pas de mots assez durs pour fustiger le quinquennat de François Hollande et la gouvernance de Manuel Valls.

Alors qu’Angela Merkel a été désignée ce lundi, sans aucune difficulté, par la CDU pour se représenter aux élections de l’année prochaine, la classe politique allemande et le monde des affaires d’outre Rhin, se délectent du spectacle offert par la France.

Les derniers évènements de la gauche ont été suivis comme un « reality show » de la télévision américaine.

La décision de Manuel Valls a sans aucun doute été l’épisode le plus violemment commenté.

Sur le fond, le Spiegel et la Fransfurther Allgemeine Zeitung mettent l’accent sur le piège dans lequel est enfermé Manuel Valls. « Comment ce réformateur, ce rénovateur va-t-il convaincre la gauche du Parti socialiste qu’il a lui même braquée de se rassembler autour de lui ? Il en a besoin. La mission est impossible » et d’ajouter, « voilà un responsable politique qui trace les grandes lignes d’un programme qui tourne le dos à ce qu‘il a fait, comme Premier ministre ».

Mais, dit encore la presse allemande, ça n’est pas la première fois qu’un candidat fera des promesses, qui sont un peu décalées par rapport à quelques uns des principes de réalité.

Mais au-delà du fond, du projet qui peut encore changer, c’est la forme empruntée par Manuel Valls qui provoque les critiques les plus acerbes.

D’abord, les milieux politiques allemands lui reprochent son arrogance et en matière d’arrogance, les Allemands sont pourtant assez maitres. Ceci étant, écrit la FAZ, Manuel Valls a complètement zappé l’étape de la primaire et fait acte de candidature à la présidentielle.

Angela Merkel, qui vient d’être désignée par son parti pour se représenter à la tête de l’Etat pourrait logiquement dire que les jeux sont faits, mais jamais elle ne le fera. Manuel Valls,lui, parle comme si la primaire n’existait pas, alors qu’il vient de s ‘ngager dans une course qui est loin d’être gagnée d’avance.

Donc l’arrogance serait désormais dans l’ADN de la gouvernance française. Mais ce n’est que le début de la critique. Les uns présentent l’ex Premier ministre comme un ambitieux et surtout comme un « affamé du pouvoir »

Le Spiegel rappelle « qu’il a une soif de pouvoir énorme, une affirmation de soi insupportable et qu’il agit déjà comme s’il avait gagné ».

Plus cruelle encore, la FAZ rappelle la carrière de Manuel Valls, un briseur de tabous, l’homme qui voulait rénover la gauche, l’homme qui s’est sourcé au lait provocateur et réfléchi de Michel Rocard.

Le comble c’est que Valls n’a pas une seule fois fait référence a son cher mentor, Michel Rocard, qui doit se retourner dans sa tombe.

François Hollande s’en sort mal, lui aussi. Pour la presse allemande, qui rapporte des propos de la classe politique, le président français qui a, de part les institutions, le pouvoir le plus puissant du monde, beaucoup plus puissant que le président américain, termine son mandat dans le ridicule.

Ridicule de ne pas avoir de bilan. Ridicule d’avoir été éliminé à l’issue d’un coup d’état larvé au sein de l’Etat. Ridicule d’être obligé d’assister à une campagne qui montre que le parti qu’il avait reconstitué est en miettes.

Pour les Allemands, ce qui s’est passé en France est incompréhensible : « comment un président aussi puissant a-t-il pu gouverner de façon aussi faible ? ».

Les politiques allemands ne lui pardonnent rien et ne lui reconnaissent même pas un talent particulier au niveau international. Sur l’Europe, les Allemands en viennent à souhaiter qu’il ait été un président plus fort et plus déterminé. « Ce président français, dit le journal de Francfort, n’avait aucune classe, aucun style. Une dilettante qui laissait faire ».

La presse de ce mardi, regrette, en revanche le départ de Matteo Renzi en Italie, mais considère que ce départ n’est pas définitif. Le résultat des élections italiennes n’est absolument pas de la même nature que ce qui s’est passé en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis.

N’empêche que Matteo Renzi parti, et Hollande réduit au silence d’un monarque sans pouvoir, les Allemands soulignent qu’Angela Merkel va se retrouver bien seule pour défendre l’euro.

C’est d’autant plus important que Michel Barnier, chargé par la Commission de préparer la négociation pour le brexit a livré sa feuille de route et que selon lui, il va falloir démarrer et même provoquer la négociation assez vite. Mais avec qui, avec quelle autorité politique ?

Angela Merkel est, une fois de plus, seule.

Alors, les Allemands en viennent à souhaiter que les choses s’arrangent assez vite à Paris. Une grande majorité du monde des affaires et de la majorité politique attendent finalement deux hommes.

François Fillon, qu’ils connaissent bien et en qui ils ont confiance. La conception qu’il a de la politique économique et du rôle de l’Europe n’est pas éloignée de la conception allemande. D’autant que François Fillon voudrait travailler à un modèle de relations sociales avec des syndicats forts qui s’approche de ce qui a fait la prospérité et la stabilité de l’Allemagne.

Mais les Allemands attendent aussi Emmanuel Macron, qui pour eux est le seul en France à apporter du sang neuf. Ils sont bluffés par son charisme dans les milieux du business de Francfort et chez les jeunes. En déplacement hier à New-York, Emmanuel Macron a déplacé les foules dans les université et ses propos très critiques à l’égard du modèle américain ont occupé les réseaux sociaux en Amérique du Nrd et en Europe … mais, soit-dit en passant, les Allemands ont beaucoup plus décortiqué et suivi les discours de Macron que les Français de France.

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François Hollande, pathétique, s’effondre ; Manuel Valls se retrouve avec le bilan sur les bras, chargé de la liquidation et Macron trace sa route

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François Hollande qui annonce son renoncement de façon solennelle comme si c’était la guerre, en dressant un bilan qu’il présente comme positif alors qu’il a été calamiteux, avec une voix blanche. Du coup, la classe politique s’emballe dès le lendemain pour considérer que pour une fois, il a été vrai et émouvant. Sans doute et tout le monde, désormais, va lui trouver des excuses. Encore un effort et on va voir son taux de popularité remonter. On prend le pari ? Normal, il n’a plus aucun pouvoir.

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La quadrature du cercle de François Fillon : faire une politique pro-business sans donner l’impression de faire des cadeaux aux patrons

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Si François Fillon est aussi attaqué aujourd’hui, c’est qu’il donne l’impression de présenter une politique en faveur des entreprises et de leurs dirigeants.

La vie politique française est tellement perverse, les codes qui permettent de comprendre la société politique sont tellement tordus, que François Fillon va devoir résoudre la quadrature du cercle. Comment appliquer une politique pro-business sans donner l’impression de tout faire pour les patrons et éviter ainsi un phénomène de rejet qui serait autobloquant de la réforme.

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François Fillon n’a aucun intérêt à « adoucir son programme » et voilà les dix raisons pour lesquelles il devra même le durcir

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François Fillon est assailli par tous ceux qui, à droite comme à gauche, lui conseillent d’adoucir ses projets. C’est mal le connaître, lui et son programme, que de penser qu’il reculera dans sa volonté de réforme.

La droite considère que si François Fillon veut être président de la République, il lui faudra rassembler au centre, et pour drainer des voix, il devra adoucir son programme. Bref, revenir sur la ligne que suivait Alain Juppé, et qui est reprise aujourd’hui par le Modem de François Bayrou.

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Pour les milieux d’affaires, la victoire écrasante de François Fillon à droite va obliger Manuel Valls à affronter François Hollande

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L’élection de François Fillon va précipiter les grandes manœuvres à gauche. François Hollande et Manuel Valls vont sans doute déclarer leurs candidatures dès la première semaine de décembre.

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