Coup d’état express chez Air France-KLM

Un Directeur Général remercié en 24 heures et ancien Président qui revient aux commandes, chez Air France-KLM les nominations sont rapides. Explication de ce putsch au sommet chez le transporteur français.

Alors que l’Etat s’apprêtait à organiser une succession en douceur avec la nomination d’Alexandre de Juniac l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, Jean-Cyril Spinetta le patron historique d’Air-France a réussi à convaincre le conseil d’administration de la nécessité de lui redonner les commandes. Il est donc redevenu le patron du groupe Air France-KLM, quant à de Jugnac, il sera le PDG d’Air-France.

Il y a deux lectures pour expliquer ce putsch :

Une 1ère lecture très économique qui revient à dire que depuis le départ de Spinetta,  Air-France a perdu de la performance. On dit qu’Air-France n’a pas su se reformer et s’adapter. L’affaire du Rio-Paris a été très mal gérée et on a caché des informations pour protéger du personnel. Le cours de bourse est tombé à des niveaux lamentables. Bref, les amis de Spinetta disent qu’il faut reprendre les choses en mains pour plus d’efficacité. Il y a du vrai là-dedans, on a plutôt protégé les intérêts sociaux au détriment de la performance économique.

Ceci étant, il y a une 2ème lecture beaucoup moins correcte. Elle consiste à dire que Jean-Cyril Spinetta ne pouvait pas supporter que l’Etat propose un directeur général. Jean-Cyril Spinetta s’était déjà battu avec Bercy à propos d’Areva puisqu’il défendait Anne Lauvergeon. Donc, il prend sa revanche. La vérité, c’est que l’Etat est un actionnaire important d’Air-France, donc il est normal qu’il ait son mot à dire. On ne peut pas d’un côté demander à l’Etat d’intervenir dans des entreprises et par ailleurs ne pas accepter qu’il exerce son pouvoir de nomination.

Crédit photo: Le Figaro