Crise de la dette : l’inquiétude grandit en France

L’Édito de Jean-Marc Sylvestre. Les taux d’intérêt demandés à la France bondissent. Cela inquiète la classe politique qui ne sait pas comment réagir.

Cela fait des mois que l’on surveille la Grèce, l’Espagne ou encore l’Italie… Désormais, on surveille encore plus la France. Pourquoi ? Parce que jamais les taux d’intérêt demandés à la France pour des emprunts à 10 ans n’ont été aussi élevés. 3,60 %, c’est deux fois plus que le taux demandé aux Allemands.

Affolement dans la classe politique

À gauche, les proches de François Hollande lui conseillent de retarder le plus possible la publication d’un programme pour ne pas être accusé de détériorer la situation. Dans la majorité, Baroin essaie de prouver que l’on tiendra nos engagements. Il milite comme beaucoup pour que la BCE puisse intervenir comme banquier en dernier ressort. Mais du côté de Nicolas Sarkozy, on sait très bien qu’il faudra en arriver à traiter les vrais problèmes.

Le retour de la TVA sociale ?

Le premier, c’est le manque de compétitivité. Il faut retrouver de l’industrie et des emplois. Laurence Parisot du Medef a relancé l’idée d’instaurer une TVA sociale. En bref, cela consiste à augmenter la TVA et diminuer les charges qui pèsent sur les salaires. Vous augmentez les taxes à la consommation, mais vous diminuez les prix de revient. Théoriquement l’opération est blanche et les prix n’augmentent pas forcément sauf pour les produits chinois importés. Donc ça les freine, le cout du travail diminue : donc ça favorise les embauches.

Le deuxième problème, c’est l’excès de dépenses publiques.  Si l’on se compare à l’Allemagne, il faudra  trouver 80 milliards d’économie. C’est la moitié du budget de la défense ou de l’éducation nationale.

Deux problèmes, deux tabous. A droite comme à gauche les politiques sont paralysés. S’ils parlent vrai, ils désespèrent  l’électorat, mais s’ils parlent de travers, Moody’s se fâche et du coup ils mettent le système français en danger de faillite.