Décryptage : Aux USA, la Fed est à la manœuvre !

Chaque vendredi retrouvez l’analyse de Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets. Pour le blog, il décrypte les faits de la semaine sur les marchés financiers.

Les banques centrales maintiennent le cap, pour sortir les économies occidentales de la tourmente. Après Mario Draghi, qui il y a une semaine, réaffirmait le volontarisme de la BCE pour racheter des actifs obligataires souverains sur des maturités courtes, c’est désormais la Fed qui ouvre clairement  la voie à la continuité de mesures monétaires non conventionnelles, ultra accommodantes.

En effet, le rapport consécutif à la dernière réunion de la Reserve Fédérale milite en faveur de nouvelles mesures encore plus ambitieuses, de nature à  maintenir l’inflexion de la courbe des taux longs U.S et à  soutenir la relance de l’économie américaine.

Les principaux responsables de la Fed souhaitent voir le programme d’assouplissement quantitatif en vigueur (programme de rachat d’actifs dont le montant porte aujourd’hui  sur 40 milliards de dollars d’actifs par mois) se pérenniser au cours de l’année 2013. L’objectif, continuer de favoriser des conditions de financement favorables via une pression baissière sur les taux d’intérêt.

Le Fed pourrait même aller plus loin, en compensant la fin de l’opération Twist, en décembre, par une intensification du « Quantitative Easing III ». Il s’agirait pour la banque centrale de porter à 85 milliards de dollars le montant mensuel des rachats d’actifs obligataires, en lieu et place du Twist. Celui-ci consistait jusqu’à présent à substituer au bilan de la Fed des titres  de maturité courte par des titres de maturité longue, à hauteur de 45 milliards de dollars chaque mois.

Enfin, autre intention salutaire dans la politique de la Fed, l’ancrage quasi-systématique de ses taux à des critères économiques tels que l’état du chômage ou de l’inflation. En somme, les taux directeurs  seraient maintenus à des niveaux bas tant que le chômage dépasserait les 7%.

Le positionnement de la Fed, encore plus interventionniste, a de quoi réjouir les marchés financiers qui vont gagner en visibilité. Pour les investisseurs, plusieurs opportunités notables pourraient  émerger. D’une part, cet afflux de liquidités sur les marchés par le fonctionnement à plein de la planche à billets va continuer de diluer mécaniquement, à terme, la valeur du dollar. Les cambistes peuvent donc anticiper sur une appréciation de la parité EUR/USD. Autre corrélation, l’affaiblissement programmé du dollar va soutenir  le raffermissement du cours de l’once d’or, initié il y a trois mois.

De quoi également, rassurer (un peu) les investisseurs en actions, qui ont besoin de nouveaux ressorts « psychologiques » pour réexposer leur allocation aux actifs dits risqués. Souvenons-nous que les dernières annonces majeures des banques centrales en septembre dernier,  avaient vivement stimulé le rally estival des marchés boursiers…

Fabrice Cousté