Décryptage : L’annonce du déficit grec fait plonger les marchés

Athènes a annoncé hier qu’elle ne tiendrait pas ses objectifs de déficit publics prévus en juin. Décryptage avec Dan Sayag, gérant chez Amilton Asset Management.

La Grèce manquera les objectifs de déficit qui lui ont été assignés par ses bailleurs de fonds internationaux pour cette année et la suivante selon les chiffres publiés dimanche par le ministère grec des Finances. Les places boursières européennes en font les frais dès l’ouverture. A Paris, le CAC 40 est en replis de plus de 2%. Éclairage des raisons de cette annonce et de ses conséquences avec Dan Sayag, gérant chez Amilton Asset Management.

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Pourquoi la Grèce ne tiendra pas ses objectifs de déficit ?

Cela s’explique principalement par dégradation de l’environnement économique. Ce n’est pas vraiment une surprise dans la mesure où personne sur les marchés ne s’attendait à ce que les objectifs fixés en juin par la Grèce puissent être atteints. Surtout depuis la dégradation que l’Europe connait depuis le début de l’été.

Que va faire le gouvernement pour rassurer l’Europe et les marchés ?

Il va à présent se concentrer sur l’annonce de 6.6Md€ de coupes budgétaires supplémentaires. Ces mesures devraient permettre à la Grèce d’obtenir la prochaine tranche du plan d’aide de 8Md€. Il s’agit d’un ensemble de mesures douloureuses pour la population grecque avec notamment des coupes claires dans la fonction publique pour répondre aux exigences de la troïka. Soulignons les efforts du gouvernement grec qui a dû trouver un moyen de  contourner la Constitution qui ne permet pas de licencier les fonctionnaires, alors que les Européens et le FMI réclament des efforts notables dans ce domaine.

Quelles conséquences pour le reste de l’Europe ?

Il faut que les Européens se mettent d’accord rapidement sur un mécanisme permettant d’augmenter le pouvoir d’intervention du FESF. Et sans en augmenter sa taille, pour éviter que la France et l’Allemagne puissent mettre en danger leur note AAA. Cela rassurera les marchés évitera qu’ils ne s’en prennent de manière plus virulente à des pays qui ont un risque systémique. Comme l’Italie ou à l’Espagne. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont bien compris l’urgence de la situation. Il y aura cette semaine, toute une série de rencontres entre les dirigeants européens.