Décryptage : Les marchés actions en panne d’inspiration

Chaque vendredi retrouvez l’analyse de Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets. Pour le blog, il décrypte les faits de la semaine sur les marchés financiers.

Chaque vendredi retrouvez l’analyse de Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets. Pour le blog, il décrypte les faits de la semaine sur les marchés financiers.

Attentisme et prudence. Voilà à quoi se résume l’état d’esprit des investisseurs européens depuis le revers subi en début de semaine par les principales places boursières. Le Cac 40 semble aujourd’hui scotché sous les 3450 points, se cherchant un point d’équilibre alors que les volumes de transactions demeurent assez faibles (entre 1.5 et 2 Mds d’euros d’échanges sur le Cac 40 par séance). Preuve que les investisseurs ne sont toujours pas revenus, structurellement, sur les marchés actions.
Sur le plan microéconomique, la teneur des publications trimestrielles a tendance à décevoir les marchés. La salve récente de résultats est mitigée. Les déceptions relatives des leaders  mondiaux comme General Electric, Mc Donald’s, Microsoft, Intel  ont provoqué la forte correction de Wall Street vendredi dernier. Ces mauvaises nouvelles ont été en partie dissipées par les résultats plutôt rassurants du jour, chez les acteurs européens de l’industrie financière ou de l’industrie chimique et pharmaceutique. C’est le cas de Sanofi, BASF, Air Liquide ou Axa. En début de semaine, ce sont Michelin et dans une moindre mesure LVMH qui avaient rassuré les investisseurs.

A l’échelle macroéconomique, la donne n’a pas foncièrement évolué depuis l’accord a minima conclu sur la supervision bancaire de la zone euro, lors du Sommet Européen il y a une semaine. L’Espagne de Mariano Rajoy souffle le chaud et le froid sur les espoirs européens d’une demande d’aide de l’Espagne auprès de la BCE. Aucun signe de Madrid n’est perceptible en faveur d’un tel scénario, d’autant que le statu quo semble profiter à l’Etat espagnol à court terme : l’espoir même suscité par la perspective d’une demande de soutien suffit aujourd’hui à faire fondre le coût de financement de la dette ibérique, avec des taux désormais proches de 5.40% pour l’emprunt à dix ans. Un gap significatif  quand on pense qu’il n’y a pas si longtemps l’Espagne rémunérait encore à près de 7% pour cette échéance. Mais arrivera un moment où ces espoirs finiront par s’étioler si Madrid ne se positionne pas, avec pour conséquence le risque de nouvelle tension des taux.
En Grèce, aucun accord définitif et formel n’a été conclu entre la Troika (UE, FMI et BCE) et le gouvernement. Néanmoins, la Commission Européenne semble reconnaître les intentions gouvernementales hellènes en vue d’un compromis favorable à une nouvelle vague d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles.