Déferlantes de pubs bancaires : BPCE, Arkea, LCL, BNP. Les banques françaises cherchent toutes les recettes miracles pour éviter d’être emportées par la vague digitale.

Embouteillages de campagne de communication bancaire. La majorité des banques françaises cherchent la recette miracle pour s’assurer un avenir.

Les banques n’ont guère le choix si elles veulent satisfaire les demandes de sécurité du client et affronter la concurrence des nouveaux acteurs ou de ceux venus d’ailleurs, elles doivent à la fois intégrer la mutation digitale pour faire des économies de coût, mais pour éviter la casse sociale, elles doivent aussi préserver leur salariés. 

Dans un écosystème qui a complètement changé, les banques de détail doivent découvrir la recette miracle. 

Les banques françaises ne lésinent pas pour faire la communication de leur stratégie. 

La BNP vend la confianceque doit inspirer sa taille internationale et son expertise. Le Groupe des Banques populaires et des Caisses d’épargne promet de renforcer la proximité avec son clientmais annonce que son développement sera européen. LCL rappelle que sa vocation, c’est aussi d’être près de son clienten l'accueillant dans des agences nombreuses et rénovées, on sent que le Crédit agricole, avec son bon sens près de chez nous, n’est pas loin.  Arkea, le cousin turbulent breton du Crédit Mutuel, a fait passer le message que la performance et la relation client dépendaient de sa flexibilité,de sa réactivité et de son autonomie. 

 

Dix ans après LehmanBrothers, quinze après la déferlante digitale dans tous les secteurs de l’économie, les banques cherchent encore à résoudre la quadrature du cercle, la recette miracle qui leur permettrait d’échapper à la fatalité de cette modernité qui pourrait les condamner. 

Parce qu’il faut être lucide, les banques sont coincées de toutes parts. 

-La réglementation bancairea été renforcée et elles doivent maintenant apporter aux Etats et aux clients la preuve que leurs fondations sont solides, leur ratio de solvabilité et de liquidités sont stricts. 

Mais parallèlement, elles doivent être en mesure de répondre aux nécessités de l‘économie, c’est à dire prendre une part du risque de l‘entreprise. 

Le tout sans oublier de survivre, elles se doivent d’améliorer leur rendement dans un univers où les taux d’intérêt ne valent rien (ou presque) avec des frais généraux considérables liés aux armées de salariés de toutes expertises qu’elles ont enrôlées au cours des vingt dernières années. 

Elles doivent protéger et accroitre leur activité dans un écosystème où la technologie a autorisé tout le monde à faire le commerce de la banque. Les grands du digital ne rêvent que d’une chose, ouvrir leur banque, les opérateurs de téléphone s’imaginent aussi en banquiers puisqu’ils ont le lien avec des millions de clients, idem pour les grands de la distribution. 

 

Bref, entre les obligations légales, la concurrence qui part dans tous les sens et la productivité nécessaire, les banquiers sont enfermés dans un faisceau de contraintes d’où elles ont du mal à sortir. 

 

Pendant des années, le secret de la réussite bancaire a été de grossir. Le salut par la taille. BNP a mené avec succès une politique de croissance externe, le groupe des banques populaires a réussi à se marier aux Caisses d’épargne. Ça n’a pas été facile. Le CIC a étérattrapé par le groupe du Crédit mutuel et le Crédit Lyonnais par le  Crédit agricole. 

Tout le monde ou presque croyait que la taille les mettait à l’abri de la catastrophe. « Too big to Fail » disait-on il y a dix ans, jusqu'à la faillite de LehmanBrothers. 

Depuis cette catastrophe, les banques se sont retrouvé confrontées à un faisceau de contraintes nouvelles et d’enjeux imprévisibles liés à la révolution digitale. 

Finie la taille, les banques n‘ont d’obsessions que de s’occuper du client à un moment où la technologie permet au client de gérer les opérations bancaires via son mobile. 

C’est alors qu’on a vu des grands groupes bancaires s’équiper de moyens digitaux colossaux, pour s’apercevoir qu‘ils s’éloignaient de leurs clients. D‘oùmachine arrière toute,on retrouve le charme discret et personnel de ces agences. C’est le cas des banques populaires et des Caisses d’épargne, c’est le cas de LCL qui suit la route tracée par son tuteur du Crédit agricole. 

D’autres enfin ont compris très tôt qu'il ne suffisait pas de repeindre les agences pour protéger son marché, il fallait tout faire en même temps. Le groupe ARKEA, enraciné dans sa Bretagne natale, a massivement investi dans les fintechs,ces petites sociétés à haute technologie et capables de faire la banque digitale que le client demande ou alors de lui permettre de consulter un expert si besoin. C’est pour cette raison que ces banques comme Arkea ne sont pas parties dans une course à la taille comme les autres, mais dans une course à la performance. C’est pour cette raison que ces banques-là ont revendiqué de la liberté de manœuvre là où les autres cherchaient à s’abriter. S’abriter de qui, des autres évidemment. Mais le danger parut aussi venir d’ailleurs.  

La mutation du système bancaire ne fait que commencer. La concurrence viendra (et vient déjà) des grands groupes du digital. Les grands du e-commerce, les opérateurs de téléphone, les gérants de réseaux sociaux, les Facebook et autres Twitter. Tous ces acteurs du monde digital possèdent les données (la data) qui permettent de tout savoir sur le client, et en plus d’être déjà en relation avec lui plusieurs fois par jour.

Alors pourquoi ne pas gérer les flux financiers, les relevés de compte etc. et faire ce que fait la banque à un moindre cout?

Cette guerre larvée est déclarée entre le e-commerce et les banques. Les rapports de force sont déjà très inégaux. 

Les acteurs du e-commerce sont de vrais commerçants. Ils vendent de vrais produits et services et ils les montrent sur leur site avec des belles photos et des renseignements complémentaires.

La faiblesse des banquiers réside dans le fait qu’ils ne montrent pas leur vrai métier. Depuis l’Antiquité, le métier de banquier est de faire le commerce de l’argent.Ils achètent de l’argent à la banque centrale ou à des prêteurs et ils revendent cet argent à leurs clients qui en ont besoin. Ils gagnent leur vie sur la différence entre le prix d’achat et le prix de revente. Le problème de la banque, c’est qu‘elle n’a jamais osé dire et montrer ce qu’elle faisait. Il n’y a jamais d’argent à la vitrine des banquiers,ni même dans leur bureau. Les banquiers vendent autre chose que de l’argent : du bon sens, de la fiscalité, de la sécurité. 

Certaines, très rares (elles se reconnaitront) vendent un projet immobilier, un projet d’entreprise ou un projet de vacances. Et le disent