Espagne : 100 milliards d’euros ne suffiront pas

Samedi, l’Espagne a obtenu de l’Eurogroupe la possibilité d’emprunter 100 milliards d’euro pour refinancer son système bancaire qui est au bord de la faillite. Explications.

L’orage a grondé toute la semaine dernière. A Bruxelles, Michel Barnier, commissaire aux finances, demandait aux banques de créer une caisse de solidarité et à Berlin, Angela Merkel détaillait son plan de cohérence pour une Europe des banques et de la fiscalité. Des messages subliminaux qui ont conduit le gouvernement espagnol, jusqu’alors retissent, à demander de l’aide.

Qui prête ces 100 milliards ?

L’aide débloquée par l’Eurogroupe pourra aller jusqu’à 100 milliards d’euros. Cet argent sera prêté par les organismes européens de sauvetage : Le FESF puis le MES qui prendra le relais en juillet.  Mais ces mécanismes de sauvetage sont financés avec la garantie des pays européens. La France finance 20 % du FESF ce qui provoque un début de polémique: nous n’avons aucune certitude de récupérer cet argent.

Est-ce qu’il y a des contreparties ?

A priori non et c’est bien ce qui provoque la colère de l’Irlande et du Portugal. En effet, leurs plans de sauvetage avaient été assortis de conditions draconiennes. Mais tous cela n’est pas réglé et on sait bien qu’Angela Merkel va remettre sur la table la question du contrôle des fonds alloués. Certains appelle cela une mise sous tutelle des pays aidés. Ça s’appelle aussi le fédéralisme responsable. Quand on vit ensemble, on respecte des règles et des codes sinon, on divorce.