Explications : Pourquoi les politiques ont cette obsession de la croissance ?

Nicolas Sarkozy devrait mettre l’accent sur la compétitivité et la croissance, François Hollande en a beaucoup parlé, même Éva Joly en parle avec sa croissance verte. Pourquoi cette obsession de la croissance et comment en fabrique-t-on ?


La croissance, c’est le moteur de la société. C’est parce que la société est créatrice de richesse et de progrès qu’elle crée des emplois. Et c’est comme la bicyclette : elle ne tient en équilibre que si elle avance. Pour payer les dettes, les investissements, la consommation, les services publics : il faut de la croissance.

Comment fait-on pour aider et soutenir la croissance ?

L’histoire économique nous enseigne qu’il y a deux façons. La première consiste à soutenir la demande du consommateur. C’est parce que le client aura de l’argent qu’il ira consommer et que les usines tourneront. Ça revient à doper les salaires, distribuer des allocations, faire du crédit. C’est une politique qui a été très à la mode depuis la dernière guerre dans tous les pays. C’est inspiré de l’économiste Keynes : une politique qui donne la main à l’état, plutôt sociale-démocrate, mais qui a été pratiquée par tout le monde. Nicolas Sarkozy a soutenu l’économie en 2008-2009 de cette façon. Ce modèle à des effets pervers. L’inflation, les importations, l’endettement public et privé : C’est une politique qui ne marche plus parce que l’État n’a plus d’argent à injecter.

La deuxième politique de soutien à la croissance passe par l’offre et consiste à créer un environnement favorable aux entreprises pour qu’elles innovent et inventent des produits. L’Allemagne a adopté ce modèle. L’Amérique aussi d’une certaine façon. Cela passe par de la compétitivité : il faut être meilleur et moins cher. Selon des sources, Nicolas Sarkozy voudrait s’engager à fond dans cette logique. Ceci dit, ça demande aussi beaucoup d’efforts et plus de travail. François Hollande est dans l’anti chambre de cette politique-là. D’où les ambigüités de sa position. Mais l’Europe tout entière est condamnée à ce modèle pour une raison très simple : elle ne peut plus tirer sur le crédit.