Fitch, S&P, Moody’s…Alors on l’a perdu ce triple A ou pas ?

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Après la dégradation de Standard & Poor’s annoncée vendredi, l’agence Moody’s a confirmé lundi qu’elle maintenait la France sous triple A avec perspective stable. Alors, qui faut-il croire ? La France a-t-elle perdu son triple A ?

Les divergences qui apparaissent entre les différentes agences de notation peuvent prêter à discussion. C’est normal, c’est comme dans un jury d’examen, les avis peuvent être différents. Il y a d’abord des indicateurs très objectifs sur la situation actuelle : Le déficit public qui creuse l’endettement et le déficit commercial qui mesure la performance et la compétitivité. Ces deux indicateurs-là sont dans le rouge.

À côté de ces éléments très objectifs, les agences  mesurent des indicateurs plus discutables : les perspectives d’amélioration, la crédibilité des politiques et les offres politiques. Quand on mélange tout, Fitch et Moody’s considèrent que la France se tient bien. Standard and Poor’s affirme que nous sommes en risque de dérapage.

Les vrais juges de paix ce sont les marchés et les investisseurs qui nous prêtent de l’argent. Plus le taux d’intérêt que l’on nous demande est élevé, plus on nous considère comme risqué. Actuellement, nos taux d’intérêt sont plus chers que ceux de l’Allemagne et c’est normal au vu la différence de compétitivité. Cependant, cet écart a tendance à se réduire, signifiant que la France est en voie d’amélioration : C’est ce qui explique l’attitude de Fitch et de Moody’s.

Il faut donc tirer trois conclusions. La première, c’est qu’il faut relativiser tout cela. La deuxième, c’est que la gauche a tort d’accabler le gouvernement actuel et que la droite n’a pas à s’exonérer de toutes responsabilités. La troisième, c’est que désormais, aucun responsable politique, qu’il soit candidat ou pas, ne pourra se permettre de dire tout et n’importe quoi. Les agences jugent les politiques, mais aussi la cohérence des programmes.