Grèce : les créanciers ont jeté l’éponge

Les créanciers privés avaient jusqu’à 20 heures jeudi soir pour dire s’ils acceptaient ou pas d’abandonner l’essentiel de leurs dettes. Les résultats définitifs seront connus demain dans la journée mais à priori, le gouvernement Grec a réussi son opération.

La Grèce a accumulé une dette globale de 350 milliards d’euros. C’est 160% du PIB, un record mondial  avec un déficit public annuel de  12,5%. A titre de comparaison, la France 5% pour 80% du PIB. Cette dette a été contractée auprès d’organismes publiques (BCE, FMI…) pour  150 milliards d’euros et pour 200 milliards d’euros auprès des banques privées du monde entier.

Le plan d’aide négocié par les dirigeants de la zone EURO, la BCE et le FMI prévoyait des nouveaux prêts : 150 milliards d’euros. Mais à une condition, que la Grèce négocie un allégement de sa dette privée d’au moins la moitié. Il fallait donc obtenir des grandes banques mondiales qu’elles abandonnent au minimum 100 milliards de dettes. C’est cette négociation qui a été très difficile parce que certains établissements ont refusé, préférant prendre le risque de pousser la Grèce à la  faillite.

Ce risque n’a finalement pas été pris. Le gouvernement grec a réussi a convaincre 84 % des établissements financiers à prendre leurs pertes. Au final, ce sont donc les établissements financiers et leurs clients. Mais comme il s’agit de grands établissements, ces pertes ont été provisionnées. Ce qui va être plus douloureux, c’est évidemment la situation des petits épargnants grecs. Ils ont placés leur épargne en bons du trésor et on va leur proposer de leur rembourser la moitie de leurs avoirs.

Eux sont en colère. Beaucoup ont perdu leur job, leur retraite est amputée de 20 ou 30% et voila maintenant qu’ils viennent de perdre leur épargne.