Investissements étrangers : la France profite du recul britannique. Pourvu que ça dure !

Selon le baromètre EY, la France est revenue dans le tiercé de tête des pays les plus attractifs en Europe : Allemagne, France et Grande Bretagne. 

 

EY, (l’ex Ernst Young), qui est l’un des quatre plus importants cabinets de conseil en stratégie du monde, voit passer quasiment toutes les décisions d’investissement dans le monde. D’après ces analyses, chaque année sort le baromètre EY qui mesure l’attractivité pays par pays.

Selon EY, le nombre de projets d’investissements étrangers en France a augmenté de 31% en 2017 avec 1019 opérations. Avec ce résultat, la France revient dans le peloton de tête des pays européens, à égalité avec l’Allemagne et la Grande Bretagne. Paris étant redevenue la ville la plus attractive en Europe devant Londres. 

Avant la crise, la Grande Bretagne caracolait en tête et attirait tout ce qui passait sur le marché. L’Allemagne et la France partagent également aujourd’hui le gâteau.                     

Quand on regarde en détail ce flux d’investissements, on peut faire 5 remarques très simples. 

 

1ère remarque : le repositionnement de la France. Ce rebond de l’attractivité de la France s’explique très simplement. Macron, les réformes et le Brexit. L’élection d’Emmanuel Macon a changé l’image de la France auprès des grands investisseurs. Le vote très rapide des réformes fiscales et des réformes sur le travail ont crédité le changement de stratégie économique et conforte le changement d‘image. Par ailleurs, ce rebond est imputable à un phénomène de rattrapage. Enfin, le phénomène Brexit profite à la France. Assez peu encore au niveau des relocalisations, mais beaucoup d’agrandissements de projets existants, alors qu’il y a encore trois ans, les investisseurs étrangers préparaient leur départ de l’hexagone. 

 

2ème remarque : les projets d’étrangers reçus en France ne sont pas des gros projets, mais  de taille modeste dans le secteur industriel. Ils ne viennent pas forcément dans la capitale ou dans les grandes métropoles, mais ils choisissent souvent (pour un tiers) la province et plus particulièrement les villes moyennes qui disposent d’équipements intéressants en hôpitaux et en écoles mais qui ont été sinistrées par les délocalisations depuis dix ans. 

 

3ème remarque : si la France attire beaucoup des petites et moyennes entreprises dans l’industrie, elle regagne aussi des sièges sociauxd’une part (dans la région parisienne) et des centres de recherche. Le crédit d’impôt-recherche est un formidable facteur d’attractivité, mais la qualité de vie dans les grandes métropoles de Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes ou Marseille attire beaucoup les ingénieurs – chercheurs et leur famille. 

 

4ème remarque : la Grande Bretagne a perdu du terrain mais reste très bien placée. Les sociétés de service dans l’économie du digital choisissent encore Londres et ses environs, mais regardent de plus en plus vers Berlin et Paris. En fait, tout va dépendre du régime qui sera mis en place lors du Brexit. Actuellement, le quart des projets d’implantations industrielles provient du Royaume-Uni. Ils ne correspondent pas à une délocalisation avec fermeture de site, mais plutôt de développement pour être sûr d’avoir une adresse et une activité dans l’Union européenne.

 

5ème remarque : les projets d’implantation en provenance d’Amérique du nord n‘ont jamais été aussi nombreux. Avant le Brexit, ces projets américains allaient naturellement vers le Royaume-Uni. Depuis deux ans, ces projets se sont réorientés vers l’Europe continentale et plus particulièrement vers la France. 

 

En fait, si les investisseurs apprécient le nouvel environnement social et fiscal de la France, ils considèrent aussi que cet environnement ne sera pas suffisant pour pérenniser le mouvement. Pour plus du tiers des entreprises ou des investisseurs étrangers, la France doit encore améliorer sa compétitivité fiscale et poursuivre la réduction du cout du travail. 

L’indicateur clef qu‘ils observent à la loupe, c’est le déficit commercial. Pour les investisseurs étrangers, c’est le mal français. Et pour éradiquer ce mal, il faut encore améliorer la compétitivité cout et hors cout.