Jamais l’Europe n’a été aussi malade

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Triste mois de mai. Vendredi, premier jour du mois de juin, les marchés financiers du monde entier ont clôturé à la baisse. Tous sauf deux. Celui de Shanghai qui a terminé à l’équilibre et celui d’Afrique du sud qui a progressé de 3%. Le plus grave, c’est l’Europe qui n’a aucune solution pour sortir de son piège de l’endettement. La Grèce est complètement asphyxiée, l’Italie étouffée et l’Espagne est en train de sombrer. Ces derniers auront sorti près de 100 milliards d’euros en trois mois. Du coup, les banques espagnoles sont à genoux et l’Etat n’a aucun moyen de les renflouer.

Pour les populations, l’activité économique pique du nez. Le chômage gangrène toute la société européenne. Le nombre de chômeurs n’arrête pas de gonfler depuis un an pour atteindre les 17 millions dans les seuls pays de la zone euro. Le coup de massue, c’est aussi la reprise du chômage aux États-Unis. Plus de 8% de la population active, ce qui annonce un fléchissement de l’activité. Si la reprise peine aux États-Unis, il est évident que l’activité en Europe a peu de chance de repartir. La seule issue, c’est évidemment la croissance. Tout le monde est d’accord mais chacun imagine des moyens différents.  L’Europe du Nord a su assainir ses structures. L’Italie et l’Espagne s’y essaie et la France campe sur l’illusion d’une croissance keynésienne qui serait financée par les autres. Jamais l’Europe n’a été aussi malade et jamais les gouvernements européens n’ont été aussi éloignés les uns des autres.