Jean-François Roubaud – CGPME : « L’accord est satisfaisant mais il ne créera pas d’emploi »

Syndicats et patronat, qui étaient réunis en fin de semaine dernière, on trouvé un accord portant sur la flexibilité du travail. Au programme, plus de sécurité juridique et de flexibilité pour les premiers, moins de précarité et davantage de protection sociale pour les seconds. 

Le patronat se dit globalement « satisfait » de l’accord issu des négociations sociales. Et vous ?
A la CGPME, nous sommes satisfaits de l’accord. Je crois que l’on est arrivé à trouver quelque chose qui sécurise le salarié et qui facilite également la vie du chef d’entreprise. Maintenant, c’est vrai qu’il faut mettre au point de manière précise certaines choses. Ce sont surtout des problèmes comme la déjuridicisation des licenciements.

Michel Sapin a indiqué, à de nombreuses reprises ce weekend, que cet accord va faire redémarrer l’embauche. Votre avis ?
Permettez-moi de ne pas être d’accord avec lui. Quand il dit que la taxation des CDD créera de l’emploi ou des CDI, c’est faux, on ne va pas créer des embauches avec cet accord. En revanche, il est vrai qu’avec les dispositions sur la flexibilité, on va limiter les licenciements en baissant les horaires et les salaires. Pour créer de l’emploi, la seule solution, c’est la croissance.

Certains membres du patronat français contestent la taxation des CDD, que leur répondez-vous ?
De cet accord, on peut toujours dire « on aurait pu ». Pour avoir suivi de très près ce qui s’est passé pendant les 48 heures, chacun savait que ce serait difficilement évitable. Tout le travail a été de limiter cette taxation. On a réussi par exemple à ne pas l’appliquer aux contrats saisonniers et aux CDD de remplacement. Et puis pour le CDD d’usage, la taxation sera de « seulement » 0,5 pts. Enfin, j’ajoute que si l’accord ne se signait pas, on s’exposait tous à une taxation certainement plus importante de la part du gouvernement.

La négociation comporte également un volet sur la flexibilité du travail. Sur ce point, n’y-a-t-il pas, malgré tout,  un risque d’abus de la part du patronat ?
La souplesse du travail existe dans beaucoup de pays d’Europe et ça marche très bien. Il faut penser que les chefs d’entreprises sont des gens responsables, qui ne sont pas du tout l’ennemi du salarié. Je crois que, quand ont fait ce genre d’accord sur la flexibilité, c’est justement pour empêcher des licenciements. Jusqu’à aujourd’hui le patron n’avait pas le choix, il licenciait.