L’Euro, « bouc-émissaire facile » de la hausse des prix

A quelques jours de ses dix ans, la monnaie unique est désignée comme la responsable de l’inflation. Une étude de l’UFC-Que Choisir, vient démontrer le contraire.

2002-2012. Dans quelques jours, l’euro fêtera ses 10 ans de suprématie monétaire dans l’hexagone. Pour l’occasion, le magazine « Que Choisir » a enquêté sur la hausse des prix dont chacun met en cause le rôle néfaste de la monnaie unique. Selon l’association de consommateurs qui édite le titre, l’euro est un « bouc-émissaire facile« .

Pour cela, le magazine a comparé le temps de travail nécessaire pour payer des articles ou services en 2002 et 2012, pour un salarié au Smic. Pour rappel, le Smic horaire, fixé à 6,83 euros bruts début 2002, s’élevait à 9,19 euros au 1er décembre 2011. Parallèlement, le prix de la baguette (85 centimes en moyenne) a grimpé de 27% en 10 ans. C’est deux fois plus vite que l’inflation mais pour se payer cette même baguette aujourd’hui, un smicard a besoin de travailler 20 secondes de moins qu’il y a dix ans. Autre exemple, les produits manufacturés, comme les voitures ou les téléviseurs sont eux devenus moins chers. Quand il fallait près d’un Smic annuel pour s’offrir une Clio en 2002, aujourd’hui sept mois suffisent.

En revanche, le mensuel indique que les « dépenses contraintes » ont pris une part plus importante dans les budgets. C’est le cas du carburant dans lequel l’euro n’a pas de responsabilité. Et pour cause, les cours dépendent de la demande mondiale et des crises géopolitiques. Même cas pour l’immobilier. En 2002, il fallait 3 mois et 9 jours de salaire à un smicart pour acheter un mètre carré dans le 15e ; aujourd’hui, il lui faut presque le double : 6 mois et 3 jours. Pourtant, toutes ces hausses viennent freiner les gains de pouvoir d’achat, d’où le sentiment que l’euro a fait bondir les prix.