L’euro fait les frais des incertitudes sur la Grèce et l’Espagne

1,24 dollar, c’est le prix de l’euro jeudi. Un euro qui reste très fragile puisqu’il vient d’atteindre sont niveau le plus bas depuis juillet 2010.

Une fragilité qui pourrait, d’une certaine façon, rendre service aux exportateurs. Pourquoi ? Parce que les prix affichés à l’extérieur de la zone euro paraissent moins chers. Donc nos produits passent mieux. Le problème, c’est que l’on exporte peu à l’extérieur de la zone euro. En revanche, on importe beaucoup : du pétrole, du gaz, des équipements électroniques, du textile. Et ces importations nous coûtent plus chère. Ce qu’il faut savoir, c’est que cette baisse de l’euro n’est pas voulue et organisée à des fins stratégiques. Elle est subie comme l’effet direct des fragilités de la zone euro. Les investisseurs n’ont plus confiance dans la Grèce, dans l’Italie, dans l’Espagne et du même coup ils doutent de la capacité des pays à protéger l’unité de la région. Donc ils vendent l’euro.

La plus grande fragilité se situe au niveau des banques européennes. Les banques espagnoles sont piégées par les crédits immobiliers et les banques italiennes, françaises et allemandes peuvent très bien basculer du jour au lendemain à cause d’un défaut de paiement d’un état ou d’une grande entreprise. Du coup, Mario Draghi, la patron de la BCE, avance l’idée d’une organisation de solidarité des banques européennes. C’est une idée qui fera son chemin et qui a calmé le marché aujourd’hui. Après l’Europe du charbon et de l’acier et la politique agricole commune, voici un nouveau moyen de sécuriser les agents économiques.