La presse étrangère attendait, assez critique, Emmanuel Macron mais se retrouve unie et catastrophée par l’incendie qui a ravagé la cathédrale de Paris

Pour les étrangers, comme pour l’ensemble des Français, la Cathédrale de Paris était l’incarnation de la France. Le président de la République ne pouvait pas faire autrement que de bouleverser son agenda.

Quoi dire ? Quoi faire devant les images de cet incendie qui a ravagé l’un des plus beaux monuments français, le plus chargé d’histoire, le plus fréquenté par les touristes et le plus célébré ? Alors, Notre-Dame était le lieu de recueillement et de prière des catholiques, mais au-delà, c’était (et cela restera) l‘édifice architectural qui raconte le plus et le mieux toute l’histoire et la culture de France. C’est pour cette raison que plus de 14 millions de touristes venaient la visiter, venant du monde entier.

C’est pour cette raison que cet incendie a provoqué une vague d’émotion et de compassion dans la France entière et dans le monde entier. C’est aussi à ce type d’évènement dramatique que l’on mesure la puissance de la France et la force de sa résonnance internationale.

La majorité des chefs d’Etat ont fait part de leur tristesse. Angela Merkel, Theresa May et la plupart des chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont retrouvés pour proclamer en pleurant leur attachement à ce décor français et dont Victor Hugo avait assuré une notoriété planétaire.

Donald Trump lui-même n’a pas hésité à poster plusieurs tweets de compassion. Pour lui comme pour beaucoup d’autres, si la Tour Eiffel est le symbole de Paris,  Notre-Dame de Paris représentait la France toute entière. Parce qu’elle offrait une synthèse entre la religion, l’architecture, la littérature, la culture. Notre-Dame de Paris a été le théâtre des misères du petit peuple de Paris pendant 7 siècles, mais pendant tout ce temps, elle a aussi porté un message de paix.

Alors, pas question d’en parler au passé. Notre-Dame devra revivre. Il faudra qu’elle soit réparée, restaurée. Le cri est venu hier soir des quatre coins de la planète. Du nord au sud, de l’ouest à l’est. De l’Unesco à l’Onu. Les grandes institutions internationales se disent prêtes à intervenir. L’archevêché de Paris (et pas seulement l‘archevêché) aura besoin de tout ce monde pour retrouver son joyau.

La presse étrangère va donc célébrer, unanime, la beauté et l’importance de Notre Dame. C’est ce que les grands sites internet de ces grands journaux font déjà ce soir avec cette image de la cathédrale en feu. Tous ces sites rappellent que l’émotion mondiale est équivalente à celle qui avait submergé le monde lors des attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001. Les attentats du World Trade Center ont ébranlé le monde parce que c’était la liberté qu’on attaquait. La catastrophe, qui a partiellement détruit la cathédrale de Paris nous arrache les larmes parce que c’est l’outil de la paix et de la culture qui est abîmé.

Il est évident que face à ce désastre, les problèmes franco–français sur lesquels le président de la République devait se pencher hier soir à la télévision semblaient bien dérisoires. Et Emmanuel Macron ne pouvait pas ne pas reporter son intervention.

La France va donc entrer dans une sorte de deuil national qui va durer quelques jours et pendant lesquelles l’action politique sera inaudible, d’autant qu’on entre aussi dans la semaine Pascale. Tout cela signifie que l‘agenda du président et de son gouvernement, et sans doute celui de toute la classe politique, va être paralysé et figé pendant plusieurs jours. 

La presse étrangère attendait Emmanuel Macron, elle s’est portée sur cette catastrophe quasi naturelle en l’absence de tout élément permettant d’imaginer des explications sur l’origine de cet incendie. 

 

Ce qui est incroyable, c’est que l’incendie de Notre-Dame de Paris a tout changé en bouleversant tous les projets et les agendas. Jusqu'à tard dans la nuit, dans le secret de l’Elysée, le président de la République a travaillé sur son projet. Après s’être demandé pendant des jours comment sortir du grand débat, ses plus proches conseillers s’interrogent désormais sur la façon de sortir de cette brutale détresse provoquée par l’incendie de Notre Dame.