Le comble du siècle : Les hyper riches étouffent sous des montagnes de cash mais l’excès de liquidités tue leur richesse.

C’est Warren Buffet qui a encore tiré le signal d’alarme. Les grands fonds et les grandes entreprises internationales regorgent de trésorerie qui ne leur rapporte rien parce qu’elles ne trouvent pas d’opportunités d’investissement assez importants. 

Les milliardaires les plus riches du monde sont à la recherche d’acquisitions importantes pour utiliser leurs trésoreries gonflées de dollars ou d’euros qui, parce qu’elles sont stériles leur coutent finalement très chères et pèsent sur la rentabilité globale de leur groupe.

C’est Warren Buffet qui a donné cette explication à l’essoufflement de ses résultats du 3e trimestre. Avec des mots très simples et une démonstration pleine de bon sens, il a expliqué à ses actionnaires que son fonds Berkshire Hathaway avait accumulé une trésorerie de 128 milliards de dollars au troisième trimestre de l’année 2019. Un montant historique.

Ce pactole de cash est le produit de la rentabilité de ses investissements : Coca-cola ou Apple notamment, qui crachent des dividendes comme jamais. Mais ne trouvant pas d’acquisitions assez rentables, Warren Buffet a confirmé qu’il préférait rester cash. Très bien, sauf que le cash ne rapporte rien. Donc ce cash ne participe pas au résultat global. Il le plombe. D ‘où la baisse de la rentabilité moyenne et le ralentissement de la croissance. La trésorerie cash est le placement le plus mauvais qu’il soit.  

Dans un de ses livres paru il y a une dizaine d’années, il avait théorisé le phénomène en expliquant qu’une entreprise qui gardait plus de 100 milliards de cash prenait un risque d’aller dans le mur. C’est d‘ailleurs à la suite de ce raisonnement qu’il s’était rapproché de  Steve Jobs, le PDG d’Apple, alors même que les entreprises digitales ne lui plaisaient pas. Les créateurs en revanche le fascinaient.

Des liens s’étaient créés, non seulement avec le patron de Apple, mais aussi avec Bill Gates de Microsoft, à tel point que Warren Buffet avait fini par investir dans ces entreprises du digitales qu’il s’était pourtant juré de ne pas approcher parce qu’il ne comprenait pas ce qu’‘elles  fabriquaient. « Du coca cola, au moins je peux en boire, mais un logiciel informatique, j’en ai jamais vu », disait-il pour plaisanter. Faut croire qu’il a beaucoup évolué. Sauf qu’au troisième trimestre, ses profits et sa croissance baissent à cause de cette trésorerie pléthorique et stérile.

Très précisément, les profits de son conglomérat  sont passés de 18,5 milliards de dollars à 16,5 milliards.

Pour éviter que l’excès de richesses en cash ne tue la richesse économique de son fonds, celui qu’on appelle l’oracle d’Omaha, du nom de la petite ville où il habite depuis toujours, a encore renforcé ses positions dans Apple de 7 milliards pour atteindre les 57 milliards ce trimestre. Il doit être désormais un des plus gros actionnaires d’Apple.

Mais des « Apple », il n’y en a pas à tous les coins de rue. Alors pour alléger sa trésorerie, il rachète aussi beaucoup de ses propres actions, ce qui fait monter la valeur de ses titres mais ses actionnaires estiment que la progression de leur titre ne suffit pas à les satisfaire.

Moralité, Warren Buffet est coincé d’être trop riche. Ses actionnaires grognent parce que ça ne bouge pas, et pour bouger il lui faudrait trouver une « entreprises gigantesque puisque ses moyens en cash sont astronomiques ». Mais les entreprises gigantesques qui marchent bien sont rarement à vendre.  Google, Amazon, Facebook, Airbnb, sont-elles même à la recherche de croissance externe.

 

Ce phénomène n’est pas unique. Tous les hyper -riches, les plus gros milliardaires ont le même problème.

1. Jeff Bezos, l'homme le plus riche du monde aujourd'hui a une fortune personnelle supérieure à 100 milliards de dollars. Le cash d’Amazon est aussi important. Son occupation principale est de faire des acquisitions. Il investit dans la grande distribution.

2. Bill Gates a une fortune de 90 milliards, la trésorerie cash de son holding avoisine les 70 milliards. Que fait-il ? Il cherche des opportunités, et investit dans le caritatif, massivement plus que n’importe quel Etat.

3. Warren Buffet, pour l'instant aux prises avec cet excès de cash

4. Bernard Arnault dont la fortune serait de 80 milliards de dollars étudie une acquisition massive puisqu’on lui prête le projet d’acquérir Tiffany.

5 Carlos Slim, mexicain roi des télécom en Amérique du sud fait lui aussi de la croissance externe dans un secteur qui est déjà très encombré.

 

Au cela, de ces  5 riches  les plus riches les plus riches du monde, on découvre que les Michael  Bloomberg, Marc Zuckerberg (Facebook), Larry Page, Françoise Bettencourt et d’autres ont les mêmes problèmes.

Cette situation historique est l'un des résultats des politiques monétaires accommodantes appliquées depuis les années 2010 par les banques centrales. Les injections de liquidités ont permis de booster les systèmes financiers, les marchés, les actifs financiers  et l’immobilier et les grandes entreprises multinationales.

Maintenant, toute la question est donc de recycler cette trésorerie cash. Et ces marges.

-la fiscalité en capte une grande partie notamment aux Etats-Unis ou un groupe de patrons dans lequel on trouve Warren Buffet, et Bill Gates a réclamé au gouvernement de payer plus d’impôts.

-le caritatif en consomme une grande partie notamment aux Etats-Unis ... Mais tout cela ne produit pas de rentabilité.

-L’investissement en recherche est la priorité des Gafam. Ces investissements sont loin d’être rentables, d’où les difficultés de certains comme Elon Musk ou chez Uber.

-les industries du luxe et de la culture se nourrissent en grande partie de ce cash. Le secteur du luxe, très lié aux activités culturelles et artistiques dispose là d’un potentiel considérable. Le marché est intarissable puisque il est calé sur les désirs et les envies, contrairement aux biens matériels (l’automobile par exemple) qui saturent assez vite.

Ajoutons à cela que le marché du luxe et de la culture est solvable, (grâce à cette trésorerie pléthorique qui finissent par ruisseler, quoi qu’on dise, même si les valeurs explosent souvent.