Le grand écart de Sarkozy pour sortir de la crise

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Jeudi fut une journée sous la pression des marchés. Pour autant, elle a permis de comprendre  quelle pourrait être la stratégie de Nicolas Sarkozy pour sortir de la crise sans désespérer l’électorat.

C’est l’obsession de tous les responsables politiques : dire la vérité, répondre à la crise sans trahir les électeurs. Bref, faire le grand écart. Tout d’abord, le Président tente de faire avancer la pédagogie sur des dossiers et des réformes de structures. Elles sont indispensables mais peuvent froisser l’opinion publique.

Le premier de ces dossiers, c’est de sauver l’industrie et pas seulement l’automobile. Nicolas Sarkozy essaie d’amortir le choc des restructurations. Jeudi, il a reçu Philippe Varin le président de PSA pour limiter la casse sociale. Il s’est aussi adressé aux patrons des PME-PMI en ouvrant le guichet du FSI. Une annexe de la caisse des dépôts pour trouver des capitaux propres. Il répond là a un besoin au moment où les banques ont tendance à restreindre les crédits.

Stabiliser la zone euro

L’autre dossier porte sur les moyens de stabiliser la zone euro. Les taux d’intérêt atteignent des niveaux insoutenables. Jeudi, la France a emprunté de l’argent. Mais elle a eu du mal à le faire. Le début de l’année prochaine s’annonce très difficile compte tenu des besoins de refinancement. Il faut donc trouver les moyens d’intervenir en cas d’incendie. Le FESF ne marche pas mais il reste la BCE. Tout le monde  parie sur le fait que l’Allemagne sera obligée de céder si elle veut vraiment sauver l’Euro. C’est une bagarre politique et diplomatique mais c’est une question de survie.