Les 5 vraies questions auxquelles François Hollande doit répondre

François Hollande n’a plus rien à perdre. Il est tombé au fond des sondages, il n’a toujours pas de résultats, les agences de notation sont sur son dos, les Européens ne comprennent plus rien et, au final, François Hollande n’a plus de majorité parlementaire. Cerise sur le gâteau, il a perdu le vrai pouvoir qui est maintenant à Matignon.

Le président de la République ne pourra pas faire toute sa conférence de presse sur la politique étrangère, le seul et le dernier domaine de la gouvernance où il a encore quelques initiatives et quelques résultats. Il ne pourra pas d’autant que l’opinion publique et la classe politique l’attendent sur les dossiers domestiques. Mais que dire après la communication fleuve de Manuel  Valls cette semaine. Que dire après les mises en cause personnelles et le cafouillage du remaniement. Autant d’évènements lamentables qui ont hypothéqué la rentrée.

Dans une situation aussi désespérée, il pourrait au contraire tout se permettre, jouer son va-tout. Si sa nature profonde est de conduire la gauche et la France sur les routes de la sociale démocratie, à l’Allemande ou à l’Anglos- saxonne. C’est en plus ce que souhaitent une grande majorité des français et la quasi-totalité du monde des affaires.

Dans ce cas-là, il pourrait enfin y aller. Voilà les questions auxquelles il devrait répondre sans ambiguïté pour avoir une chance de reprendre une partie de la confiance perdue.

1ère question, expliquer clairement pourquoi il a fait une campagne présidentielle avec autant de mensonges et de contrevérités. Méconnaissait-il la réalité de la situation à ce point ? Pourquoi ne pas l’avoir dit plutôt que de promettre monts et merveilles. L’époque où les hommes politiques achetaient leur voix est révolue. Le savait-il ?

2ème question, expliquer clairement quelle peut être la place de la France dans la mondialisation. Que faire pour affronter cette globalisation qui peut nous asphyxier si l’on continue de s’en cacher par du protectionnisme stérile.

3ème question, expliquer clairement une conviction forte en faveur de l’innovation et de l’intelligence. Si l’avenir est la politique de l’offre, il faut dire que l’on fera tout pour faciliter cette logique d’offre.

4ème question, expliquer clairement qu’il faut défendre l’économie de marché, le seul système dans le monde capable de créer de la richesse. Expliquer quel doit être le rôle respectif de l’État et du privé.

5ème question, expliquer clairement qu’il nous faut travailler à l’unification fédérale européenne. Seule et dernière aventure à proposer aux jeunes générations.

Mes confrères commentateurs de la politique diront que s’il développe un tel discours, il se suicide, il se tue. Mais n’est-il pas déjà mort ? Il n’a plus rien à perdre, autant qu’il dise la vérité des faits et des chiffres. Le temps des promesses est révolu. Définitivement. Pour la gauche, mais aussi pour la droite.