Les 60 propositions de François Hollande : Qui va payer ?

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. François Hollande, le candidat PS à la présidentielle, a présenté jeudi matin 60 propositions reprenant les grandes lignes de son programme. Analyse.

François Hollande était très attendu jeudi matin sur le détail de son programme. Ce qui est intéressant d’abord, c’est qu’il s’est situé dans le climat de crise, avec l’ambition de rétablir les équilibres budgétaires. Et là, il est au diapason des autres candidats. Donc, il ne reprend pas la plupart des promesses qui étaient dans le programme du PS. Cela dit, il mobilise des moyens et des outils qui vont faire débat.

Les hypothèses de croissance

Pour 2012, le candidat retient 0,5%. C’est ce que conseille le FMI. Le gouvernement français sera obligé de s’y rallier. Pour 2013 et 2014, il tourne autour de 2%. Si on les fait, c’est bien.

La relance de l’emploi et de la croissance

Sur ce chapitre, cela devient plus compliqué pour lui. Hollande aligne une série de mesures qui reviennent à pénaliser la grande entreprise et à soutenir les petites et moyennes par des financements aidés. Cela va être compliqué à mettre en place. Le risque, c’est de pénaliser les entreprises qui ne jouent pas le jeu de l’emploi, c’est-à-dire de les inciter à déménager. De plus, il n’y a rien sur la compétitivité, sur le coût, la flexibilité et la durée du travail. Pourtant, c’est la clés de la performance des Allemands qui leur permet de créer et de protéger l’emploi.

Les finances publiques

François Hollande prône la maitrise des dépenses publiques mais ne fait aucune économie de dépenses et aucune réforme de structure sur le fonctionnement des administrations. On voit mal dans ces conditions, comment il rétablira l’équilibre des finances publique. La meilleure preuve, c’est qu’il annonce une augmentation des prélèvements et des dépenses.

Le message politique est clair. Il veut faire payer les hauts revenus et les gros patrimoines. Mais aussi les grandes entreprises et les banques qui ne sont pas dans une santé florissante. Un dernier exemple, le doublement du livret A. C’est une bonne idée mais ça ne va pas résoudre le problème du logement. Le logement à besoin de terrains et là, il n’a pas de mesures miracles.

Ce qui est frappant aussi, c’est que dans ce programme qui change du ton habituel des socialistes, il prolonge le ton du Bourget. Il n’aborde pas des dossiers aussi essentiels que l’environnement et la croissance verte. Mais surtout il fait comme si l’Europe n’existait pas. Or, les disfonctionnements de la zone euro expliquent beaucoup de nos propres disfonctionnements.