Les banques Européennes sont de plus en plus fragiles

Christine Lagarde n’y est pas allée de main morte. Pour son premier discours de politique générale, la patronne du FMI a carrément mis les pieds dans le plat de la crise bancaire : « Les banques ont besoin d’une recapitalisation d’urgence ». En clair, ça veut dire qu’elles sont de plus en plus fragiles.

Les stress-tests réalisés cet été avaient déjà révélé des besoins de capitaux propres. Pourtant, les banques avaient déjà subi une première recapitalisation d’environ 50 milliards d’euros entre janvier et avril 2011. En fait, la situation que traversent les banques est tous les jours de plus en plus compliquée.

Pour trois raisons :

-D’abord, elles doivent assumer les risques encourus sur les dettes souveraines qui seront difficiles à recouvrir. Notamment en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie.

-Ensuite, elles ont toutes aujourd’hui un problème de liquidité parce qu’elles ne se prêtent pas d’argent entre elles.

-Enfin, elles subissent le ralentissement économique et par conséquent sont obligées de prendre plus de risques ou alors de se replier sur elle-même.

Tout cela n’est pas dramatique, mais les banques ne pourront plus faire leur métier de distribuer des crédits à l’économie. Comme en 2009, le blocage ne ferait qu’accroitre le ralentissement de l’économie. Quand le sang ne circule plus, les organes se nécrosent. Si les banques ont été aussi violemment attaquées par les boursiers au cours du mois d’aout, ce n’est pas parce qu’elles étaient en difficultés, c’est parce que les conditions se réunissaient pour que leur activité s’asphyxie. D’où la nécessite de recapitaliser les banques, c’est à dire de consolider leur socle et leur fonds propres.

Et comment peut-on recapitaliser les banques ?

De deux façons. Soit sur fonds privés par augmentations de capital, ce que fait coup par coup, la Banque Postale cette semaine, soit par fonds publics comme en 2008.

Selon Mme Lagarde, si on veut soulager les états, on pourra toujours recourir au fond de stabilité financière. De toute façon, il n’y a que deux façons de participer au règlement de la crise actuelle. Soit on aide les états mais ça semble de plus en plus difficile soit on aide les banques qui ont été piégées dans les états malades.