Les bons sentiments économiques de François Bayrou

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. François Bayrou a présenté en 20 propositions, son programme d’actions économiques. Où va François Bayrou et avec quels moyens ?

Les hommes politiques sont extraordinaires. Ils sont toujours déterminé à réformer la société mais incapable d’en donner une stratégie cohérente. François Bayrou n’échappe pas à la règle. Il veut rétablir l’équilibre des finances publiques et restaurer la confiance. Bien. Pour cela il met en place trois objectifs.

Un, il augmente les impôts, rabote les niches fiscales, il crée deux tranches d’impôts supplémentaires et il augmente la TVA de 1 point en 2012 à 20,6 % (et un point de plus en 2013 si nécessaire). Tout cela mis bout à bout doit approcher les 30 milliards de prélèvements supplémentaires. Évidemment, le  tout est encadré par une règle d’or, très tendance dans la collection de cette hiver. Deux, il baisse les dépenses publiques. C’est le premier candidat à l’affirmer haut et fort. Le problème, c’est qu’il ne dit pas quelles dépenses et combien. Trois, il va booster la croissance mais là aussi, il ne n’explique pas comment et pourquoi.

En conclusion, il est difficile d’y voir clair. Si François Hollande brouille son message dans une tonne de chiffres, François Bayrou, lui, noie son discours dans les bons sentiments. Tout cela veut dire que les candidats n’ont aucune marge de manœuvre. Bayrou comme les autres, sait qu’il faut restaurer l’équilibre des finances publiques sans pour autant asphyxier la machine économique. A partir de là, il faudra avoir le courage de dire qu’il faut diminuer les dépenses. Le rôle des politiques sera de dire lesquelles. Il devront aussi expliquer qu’il faut faire de la croissance par la compétitivité. Si les candidats accepte de répondre à ces questions, la campagne sera intéressante et responsable.