Les chefs d’entreprise se mobilisent pour éviter la dictature des écologistes.

 Dans l'agriculture, l’agroalimentaire, l’automobile, l’aéronautique, la pharmacie, le BTP, on prépare des réponses au risque de la dictature écologiste.

Le courant très populaire en faveur de la transition écologique et de la protection de l’environnement conduit aujourd'hui les mouvements écologiques à la surenchère de projets et de menaces qui risquent de conduire tout droit à la décroissance, et surtout à l’arrêt du progrès scientifique.

Cette surenchère s’explique certes par la situation de la planète mais surtout  par les enjeux politiques. Les écologistes sont évidemment les seuls vrais vainqueurs des élections européennes. Cette évolution a eu immédiatement trois conséquences.

D’abord, tous les partis politiques de la gauche à l’extrême droite ont « verdi » leurs programmes pour épouser et profiter de ce mouvement. Le gouvernement lui, a carrément mis les mesures anti-gaspillage et anti-émissions de gaz au premier rang des priorités de l’acte 2 du quinquennat.

Ensuite, deuxième conséquence, les mouvements écolo ont radicalisé leurs propositions pour bien marquer leur identité.

Enfin, on a vu sortir quantité de propositions et de réformes dont certaines sont justifiées, mais dont beaucoup d’autres sont utopiques, ridicules, disproportionnées et contreproductives.

Quand le Premier ministre, qui n’a jamais été un militant de l'écologie à tout prix, annonce la réforme de l'Etat, il confirme que l’Etat sera vert ou ne sera pas, et donne een exemple de priorité la suppression pour l’année prochaine de l‘usage des gobelets en plastique dans les cafeterias de l’administration centrale et départementale.  Proclamé par le Premier ministre du haut de l'Assemblée nationale comme priorité urgente, on tremble de satisfaction et de peur.

Quand, chez les députés de la France insoumise, on propose un amendement à la loi mobilité pour interdire l’utilisation de l'avion à partir du moment où il existe un moyen alternatif, c’est à dire le train.

Quand un autre député d’En marche cette fois-ci suggère que les publicités en faveur des automobiles soient accompagnées d’avertissement concernant les dangers écologiques de l'automobile, avec une recommandation de l’utiliser avec modération (comme pour les médicaments) ou alors un encouragement à faire du co-voiturage, on croit rêver.

La lutte contre le réchauffement climatique et la protection de l‘environnement se confond souvent avec un combat idéologique contre certains groupes industriels. Les études qui tendent à montrer les dangers du glyphosate sont très contestées partout dans le monde mais leur diffusion est inaudible. Les agriculteurs se retrouvent très seuls pour défendre leur travail quand il s’agit de répondre à des injonctions de l’opinion parfaitement contradictoires. Comment, en effet, se passer de désherbants efficaces, continuer de produire en grande quantité et pratiquer les prix les plus bas? La présidente de la FNSEA , Christiane Lambert , a beaucoup de mal à tenir un discours équilibré face à de telles dérives de langages.
Les constructeurs automobile sont également impuissants face aux ayatollahs qui prononcent la condamnation immédiate du moteur diesel et la généralisation des moteurs électriques ... Alors qu'ils n’ont pas les batteries, sauf à se lier aux Chinois, qu’ils n‘ont pas assez d'électricité pour recharger les voitures , et surtout qu'ils n’ont pas les moyens de sortir de telles innovations à des prix acceptables par les marchés de la classe moyenne occidentale.

Ne parlons pas de l’industrie du bâtiment ou de la construction qui croulent sous l’amoncellement de normes et de réglementation.

Les pharmaciens et les médecins sont atterrés du recul de la vaccination contre les grandes épidémies tout simplement parce que des "sectes qui prônent le retour à la nature " s’interdisent la vaccination, et prétendent le bien fondé des médecines parallèles et /ou naturelles, sans parler de l’homéopathie.

Tous les secteurs se sentent ciblés, toutes les entreprises se sentent visées et l'opinion publique culpabilise très vite en abandonnant des pratiques qui ont pourtant permis tellement de progrès dans la vie quotidienne.

L’institut Montaigne a sorti une étude menée au niveau international qui montre que c’est en France où l’opinion publique est la plus méfiante à l’encontre des progrès de la science médicale, la plus ignorante aussi de la réalité des mécanismes économiques de base. Cette méconnaissance fait le lit des arguments radicaux de l‘écologie politique, des fake news et ce faisant de la dictature écologiste. Le radicalisme écologique se nourrit de l'obscurantisme.

Au bout du bout de cette dictature écologique dont les armes sont la fiscalité, les interdictions, la désinformation et les dénonciations de comportement déviants par rapport à cette nouvelle orthodoxie, au bout du bout, on trouve la condamnation de la croissance. Moins de croissance, c’est moins d’énergie consommée, moins de matières premières donc moins de pollution.

Pour les chefs d’entreprise, ce risque-là est très grave. Il freine le progrès de la science, de l'innovation, il nie les pouvoirs de l’intelligence humaine qui a toujours su trouver des solutions à ces risques de blocages ou de résistances.

Pour les chefs d’entreprise, le temps de la pédagogie et de la connaissance n’a jamais été aussi urgent. Moins de croissance, c’est moins de progrès, moins de recherche, moins de santé, moins d’éducation, donc à terme, plus de misère et d’inégalités. Le retour à la terre, le retour à la bougie, c’est peut-être un mode de vie très écolo ... mais c’est un mode de vie qui ne permet pas de vivre très vieux.

La seule solution est de convaincre les clients, les salariés et les investisseurs qu’il existe des modèles de croissance compatibles avec les contraintes de l'écologie.

L‘opinion publique est d’ailleurs encore assez partagée. A coté des militants de l’écologie qui travaillent à la destruction du système, il existe une majorité de clients, de salariés ou d’épargnants qui ont compris qu’ils pouvaient, dans leur acte de consommateur, de salarié ou d’investisseur peser et protéger un modèle de croissance et de progrès scientifique.

Les chefs d’entreprise ne comptent plus sur les responsables politiques. Aucun parti n’est capable d’assumer une bataille contre les projets radicaux.
Les chefs d’entreprise sont pourtant conscients que ces évolutions sont de nature à déclencher des guerres mondiales. Quand cette course à l’écologie sera mondialisée, les « radicaux » seront capables d’imposer des normes à tout le monde. Or, qu’en sera-t-il des Etats qui refuseront ces normes, tout simplement parce qu’ils veulent défendre leur identité, leur souveraineté ou alors parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en assumer le coût ou qu’ ils veulent défendre une autre voie pour protéger la planète. Qu’en sera-t-il ? Le risque de guerre ne sera pas loin.