Les délais de paiements ont à nouveau tendance à s’allonger.

Depuis trois mois, les délais de paiement ont tendance à s’allonger plus particulièrement dans l’industrie du bâtiment, dans les activités du tourisme et dans l’export. 

Les entreprises françaises constatent une augmentation sérieuse des impayés depuis le début de l’année, avec une tendance à un nouvel allongement des délais de paiement.

Pour le cabinet Arc, l’un des tout premiers en France spécialisés dans le recouvrement de créances et l’optimisation financière, le baromètre annuel qui était sorti à l’automne 2018 avait enregistré une amélioration des conditions de paiement dans la plupart des secteurs. En fait, cette amélioration correspondait au redressement de la conjoncture européenne en 2017 et 2018. Ce redressement s’est d’ailleurs retrouvé dans les résultats d’entreprise sur l’exercice 2018.

Mais depuis la sortie de ce baromètre, la crise des gilets jaunes a éclaté en France mais surtout, le ralentissement de la conjoncture économique s’est confirmé partout dans le monde et particulièrement en Europe.

Du coup, le dernier baromètre établi par l'assureur Euler Hermès indiquait récemment que les délais de paiement à plus de 60 jours touchaient désormais 16,4% des sociétés. Cette part dépassant 28% sur les activités à l’export. Le risque client inquiète désormais un plus grand nombre d’entreprises dont la première réaction est de rester cash plus longtemps et retenir les paiements. Denis Le Bossé, le président du cabinet ARC, a constaté depuis la fin de l‘année dernière une « augmentation des risques clients et du coup, un allongement des délais de paiement au-delà des 60 jours au niveau des entreprises françaises avec un effet direct sur les moyennes et les plus petites. »  Les grands groupes se protègent en retenant le paiement des factures à leurs prestataires, leurs fournisseurs ou leurs sous-traitants. Cette réaction explique que les tribunaux de commerce enregistrent une remontée des défaillances d’entreprise.  C’est vrai dans les commerces de centre ville et notamment dans les grandes métropoles où les centres-villes sont depuis plus de 4 mois maintenant, le théâtre de manifestations et de violences qui, tous les samedis, asphyxient l’activité.

C’est vrai dans le tourisme et notamment dans l’hôtellerie de luxe à Paris et plus particulièrement dans l’hôtellerie d’affaires touchée par le ralentissement de l’activité mondiale.

C’est vrai dans tout le secteur du bâtiment et de la construction où le cycle de production est très long et où on a besoin d’avance sur travaux pour financer la trésorerie. Ces avances ont tendance aujourd’hui à se faire attendre. Le recul des mises en chantiers et des projets ne va pas arranger la situation.

C’est vrai enfin pour les entreprises qui travaillent à l’exportation dans l’agroalimentaire, l’industrie automobile, le petit équipement. Les clients de l’Europe du sud, et notamment les Italiens, ont de plus en plus de mal à payer à l'heure.