Montebourg aurait menacé de démissionner

Le gouvernement envisageait une nationalisation de Florange, une mesure portée et défendue par Arnaud Montebourg. Mais lorsque Jean Marc Ayrault reprend le dossier en main, il préfère un accord avec Mittal à la nationalisation. Le 1er ministre intervient alors à la télévision, et annonce qu’il « n’y aura pas de plan social à Florange ». Arnaud Montebourg découvre cette intervention en même temps que les téléspectateurs. Et Ayrault reprend de plus belle : « La nationalisation (…) n’est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité. » A l’écouter, son ministre du Redressement productif, qu’il ne cite pas une seule fois dans son intervention, s’est trompé de combat. Et quelques minutes plus tard, son plus proche collaborateur lâche devant les journalistes qu’il n’y avait « pas de repreneur crédible et ferme ». Soit tout le contraire de ce qu’assurait Arnaud Montebourg depuis plusieurs jours. Samedi dernier, reçu dans le bureau de François Hollande, il envisage alors de quitter le gouvernement. S’ensuit un entretien entre les deux hommes où « le président l’a conforté dans ses fonctions et dans le rôle, totalement légitime, qui a été le sien dans ce dossier ». Mais lorsqu’il sort du bureau du chef de l’Etat, le ministre songe toujours à la démission, selon plusieurs personnes qui l’ont croisé alors. En début d’après-midi, Matignon se fend d’un communiqué saluant « la mobilisation » d’Arnaud Montebourg, qui « n’a pas ménagé sa peine pour chercher toutes les solutions possibles comme il le fait sur de nombreux dossiers particulièrement difficiles, contribuant ainsi à créer un rapport de forces favorable à la conclusion de l’accord ». Un premier geste d’apaisement. François Hollande rappelle ensuite Montebourg et lui annonce que son ministre a prévu de se rendre au JT de TF1. Montebourg pourra y expliquer que « la nationalisation temporaire reste sur la table car c’est une arme dissuasive » et le candidat à la reprise de Florange identifié par le ministre sera reçu. La crise gouvernementale a ainsi été évitée. Mais elle risque de laisser des traces entre les belligérants.