Nucléaire français : l’opération vérité

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La cour des comptes a publié mardi un rapport qui évalue le coût du nucléaire dans l’hexagone et qui mesure l’impact financier d’une décision d’arrêt ou de poursuite du programme.

La constatation de Didier Migaud, le président de la cour des comptes est la suivante : Le nucléaire français produit 75 % de l’électricité que nous consommons. C’est la plus accessible d’Europe, entre 20 et 30 % de moins que nos voisins. La question qu’il s’est posé, c’est de savoir combien cela va coûter de continuer à produire de l’énergie, dans des conditions de sécurité maximum.

A cet effet, la cour des comptes met en avant deux chiffres :

– 188 milliards d’euros : le montant total des installations nécessaires au nucléaire. C’est-à-dire les 58 réacteurs, le retraitement et la recherche.

– 80 milliards d’euros : le nucléaire futur. C’est-à-dire le  démantèlement des vieilles centrales et  la construction des nouvelles ainsi que la gestion future des déchets.

La cour des comptes affirme qu’il existe des risques probables d’augmentation : le dogme du nucléaire pas cher est écorné. Pourtant, sait-on vraiment ce que coûterait la sortie du nucléaire ?

Cette question, le Centre de l’Energie Atomique se l’est posé et avance deux scénarios :

1er scénario : le nucléaire reste à son niveau actuel, le complément étant fourni par l’hydraulique et l’éolien : Coût  global : 212 milliards d’euros.

2e scénario : Nous sortons du nucléaire d’ici à 2025 au profit de l’éolien, du solaire et du gaz. Surcoût global : 560 milliards d’euros.

Pour faire plus simple, en 2025 le nucléaire nous sort le Mwh à 62 euros, le non-nucléaire à 124 euros. Quelque chose me dis que l’on a pas fini d’en discuter.