Où ira le monde en 2018 ? Top 3 des prévisions les plus pessimistes selon Bloomberg

Un guide des actualités les plus pessimistes qui pourraient survenir en 2018 ou après : c’est ce que publie Bloomberg à chaque fin d’année. 

 

Le Pessimist's Guide to 2028, par Bloomberg, détaille dix scénarios catastrophes, venus tout droit de l’imagination des analystes, mais les éditions précédentes nous ont démontré qu’ils n’étaient pas impossibles – le Brexit et l’élection de Donald Trump ayant été parmi ces prévisions « pessimistes ».

Cette année, parmi les huit catastrophes possibles et leur impact pour les dix prochaines années, on retrouve notamment un second mandat de Donald Trump qui mènerait l’économie américaine à sa perte.

Alors, jouer à se faire peur pour heurter les esprits? Voici le top 3 des scénarios que nous avons trouvé les plus créatifs, mais réalisables et dévastateurs.

 

1. Le Bitcoin aura raison des banques, tuées par le digital.

Scénario catastrophe : Les cyberattaques se multiplient et touchent notamment les banques. Un logiciel, que ces dernières utilisent pour leur conformité, est hacké pour contenir un cheval de troie, syphonnant toutes les données et les dépôts des clients. Crise de confiance et crash sur les marchés boursiers s’en suivent.

Entre temps, certains géants du e-commerce, dont Alibaba et Amazon, se sont équipés de leur propre monnaie digitale. La Grèce, le Venezuela et quelques pays africains ont déjà adopté le bitcoin alors que celui-ci atteint le million de dollars après 2025.

Les banques centrales se décident à adopter la technologie des blockchains et fournissent des liquidités, numériques cette fois, directement aux ménages, sans l’intermédiaire des grandes banques, vouées à disparaître.

Le grand gagnant est le secteur des cyber- assurances qui assurent les transactions du digital.

 

2. Le socialisme s’installe durablement au Royaume-Uni

Scénario catastrophe: Theresa May évincée par de nouvelles élections, le travailliste Jeremy Corbyn accède au 10 Downing Street. Il règle la sortie de l’Union européenne, blâme les conservateurs pour le prix payé par les anglais – près de 80 milliards d’euros. Grands emprunts et hausse d’impôts pour financer un système éducatif gratuit jusqu’à l’université. Les derniers banquiers n’étant pas partis avec le Brexit fuient le royaume. La réalité économique rattrape les britanniques, endettés à plus de 100% de leur PIB et ayant vu revenir l’inflation. La livre ne cesse de dégringoler.  Le Royaume-Uni est considéré maintenant comme à haut risque, comme les pays émergents. Son taux d’emprunt explose, le FMI craint officiellement sa faillite.

 

3. La guerre des générations éclate en Europe

Scénario catastrophe : Emmanuel Macron, lancé dans ses réformes, ne cesse de demander des efforts aux retraités et faiblit devant eux. En Italie, Berlusconi revient au pouvoir avec le soutien des plus de 60 ans et la promesse de préserver leurs conditions.

Portugal, Espagne, Italie…. Dans la quasi-totalité des pays européens, la population en âge de travailler diminue et celle-ci étouffe sous le poids des dépenses sociales destinées à financer les retraites des baby-boomers alors que leur taux de chômage atteint 50%.

Les jeunes refusent de payer les impôts, la discipline fiscale n’existe plus ni en France ni en Allemagne. Les amendes de la Commission Européenne se multiplient. L’Europe se fragmente : la France élit Jean-Luc Mélenchon alors que l’Italie choisit l’extrême droite de Cinque Stelle, la Belgique se décompose en 3 Etats distincts.

 

 

Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant l’inventivité des éléments de cette liste, qui reposent sur des éléments réalisables, mais ce sont les conséquences à 10 ans imaginées par les analystes de Bloomberg qui sont à prendre en compte.

Pour permettre d’anticiper les risques :

  • le risque d’un défaut de sécurité financière, qui ne s’est peut-être pas assez préoccupée du  cyber-risque ;
  •  le risque démographique  ou comment gérer le déséquilibre actif/inactif
  • le risque populiste, bien souvent évoqué dans les scénarios catastrophes.
  • le risque de crise de confiance de la part des utilisateurs.

Un des autres scénarios est la disparition de Facebook, plombé par la multiplication des fake news. Ce que rappelle John Fraher, le rédacteur de ce guide, c’est que « ce qui arriverait aux réseaux s’ils n’avaient pas été amenés à être régulés comme de véritables médias ».

 

La crise rend intelligent, c’est le dicton bien connu. Alors, l’imaginer peut-il suffire à en éviter de nouvelles ?