Pourquoi François Hollande choisit toujours les fausses solutions pour résoudre des vrais problèmes

François Hollande ne réussit pas parce qu’il choisit toujours des fausses solutions pour résoudre des vrais problèmes. Des étudiants en sciences politiques se sont récemment penchés sur la question permanente du Président français lors d’un atelier de travail.

François Hollande ne réussit pas parce qu’il choisit toujours des fausses solutions pour résoudre des vrais problèmes. Des étudiants en sciences politiques se sont récemment penchés sur la question permanente du Président français lors d’un atelier de travail.

Alors les explications sont multiples. On pense évidemment aux contraintes politiques mais le rôle d’un homme politique justement ce n’est pas de caresser son opinion dans le sens du poil, c’est de la convaincre qu’un autre chemin est possible. On pense aux structures syndicales qui sont habitées par cette culture du conflit et qui ne réussissent pas à accoucher d’un compromis, sans doute mais un certain nombre de conflits sociaux ont trouvé des solutions. Dès lors que l’Etat ne s’en mêlait pas (Renault par exemple). On pense enfin à la pression économique qui stérilise les initiatives, et fige les situations, mais la conjoncture est la même en Allemagne, et les allemands eux s’en sortent.

En France, on frise la caricature, depuis dix-huit mois, alors que les problèmes sont très clairement identifiés, connus, reconnus et partagés par tous les acteurs du monde de l’économie, des affaires, des syndicats et de la politique, on a un président qui réussit cet exploit de prendre ou de faire prendre systématiquement les fausses décisions. On connait le mal, on choisit le mauvais médicament. Et quand on ne choisit pas, on nous sort un bouc émissaire. Nous sommes les champions du monde du bouc émissaire. Ça n’est jamais de notre faute. Les problèmes économiques sont ultra simples. Face à la mutation mondiale, à la concurrence et au progrès technique, nous manquons de compétitivité. Nos entreprises sont trop peu nombreuses, pas assez dynamiques, avec des produits chers et pas forcément tous de bonne qualité. Cette situation-là est partagée par tout le monde y compris publiquement par le président de la République. Alors il y a encore des courants extrémistes qui ont des interprétations différentes, mais ridicules parce qu’incohérentes.

Ce déficit de compétitivité explique que nous n’ayons pas d’activité, pas d’emplois, pas assez de recettes sociales et fiscales, pas d’exportation.

Comme on veut maintenir notre niveau de vie nous sommes obligés de nous endetter.

L’équation n’est pas très compliquée. Et bien face à ce déficit de compétitivité, le bon sens nous indique qu’il faudrait en retrouver et pour en retrouver, il faut investir, innover, travailler dans des conditions qui soient plus compétitives. Donc, il faut baisser ce qu’on appelle les frais de structures et les frais généraux. A commencer par ceux, générés dans l’Etat.

Eh bien face à ce problème qui est au cœur de nos difficultés et qui n’est ni de droite, ni de gauche, on sort des solutions confuses et contradictoires.

– 1er exemple, on a commencé à relever les impôts pour essayer de réduire l’endettement sans s’apercevoir que les impôts anesthésiaient l’activité, ce qui a par conséquent creusé les déficits.
– 2ème exemple, on a essayé d’initier une politique d’offre et de compétitivité. Très bien, mais sur une trajectoire cohérente dessinées au départ par Louis Gallois, on a mis en place des conditions inapplicables, (il n’y aura pas de contreparties à la baisse des charges parce que ça n’est pas possible). Le résultat, c’est que la mise en place du pacte de responsabilité s’enlise dans des comités, et des commissions à Matignon au point où le premier ministre perd toute autorité. Or, un président sans directeur général qui ferait le boulot, est un dirigeant bien diminué.
– 3ème exemple, la politique du logement. Très simple à régler. Les prix sont trop élevés. Ils sont trop élevés parce qu’il n y a pas assez de logements. Il aurait donc fallu tout faire pour favoriser l’investissement logement, libérer du foncier par exemple. On a fait tout le contraire, Mme Duflot qui voulait s’occuper des mal-logés et de tous ceux qui n’ont pas les moyens de payer un loyer, a mis en place des régulations et des contrôles qui ont bloqué encore davantage le secteur. La loi a été vide de beaucoup de dispositions sous le poids des lobbies. Reste les dispositions qui vont faire fuir les investisseurs. Il y aura moins de logements et plus chers.
– 4ème exemple, l’ouverture des magasins le dimanche. On a voulu faire plaisir à tout le monde, on a fâché tout le monde. Y compris le conseil d’Etat qui se retrouve accusé très souvent d’avoir mal interprété un décret.
– 5ème exemple, les taxis. Cette histoire tourne à la farce et provoque la colère. Plutôt que de libéraliser le secteur en multipliant les autorisations et en faisant de fait baisser les prix des licences, on a multiplié les contraintes. Aux dernières nouvelles, le gouvernement n’a pas voulu prendre le risque d’appauvrir les chauffeurs qui avait payés leur plaque très chère. C’est gentil ! Mais il fallait en distribuer, gratuitement à tous ceux qui en avait déjà. Le chauffeur qui avait payé sa plaque 200 000 euros se retrouvait avec disons 4 plaques. Le prix tombait à 50 000 euros, mais comme il en avait quatre, son capital était protégé. Cette opération de libéralisation ne coûtait pas un sou à l’Etat. On a fait tout le contraire, on a renforcé les monopoles et les privilèges.
– 6ème exemple, la question des inégalités offre un florilège de fausses solutions. S’il y a des pauvres et c’est vrai, mais c’est de la faute des riches. On va donc faire des riches un problème. Alors que c’est l’inverse. Le problème c’est la pauvreté. Pourquoi ? Comment ?
– 7ème exemple, la question des baisses de dépenses publiques donne lieu à des débats invraisemblables de confusions et d’hypocrisie. Il n’y a que deux solutions pour réduire de façon significative les dépenses publiques et sociales.
Ou bien, on réduit la rémunération des fonctionnaires (actifs et retraités). Ou bien, on réduit le périmètre de l’Etat et de ses administrations. Le reste, c’est du débat pour énarques inemployés.

Les exemples sont donc innombrables. Les lois de finances sont pleines de contradictions, la chasse aux exilés fiscaux évite soigneusement le gros gibier, donc elle ne sert à rien. L’amélioration de l’attractivité du site France tel qu’on essaie de la vendre à nos amis étrangers ne servira à rien. La France n’attirera jamais d’usines ou d’ateliers. Mieux vaudrait renforcer la compétitivité pour aller monter des usines dans les pays émergents (C’est là-bas que sont les marchés) et attirer chez nous des laboratoires de recherche et des start’up à haute valeur ajoutée. On pourrait d’ailleurs commencer à attirer et à fidéliser les touristes qui commencent à regarder ailleurs.

Quand face à des vrais problèmes, le gouvernement est à cours de solutions, y compris des fausses solutions, il nous offre la parade des bouc-émissaires. C’est la faute à l’euro trop fort (bien sûr), aux allemands, à la banque centrale européenne qui ne travaille pas comme la banque centrale américaine (c’est vrai elle ne peut pas faire des subprimes, elle !) aux importations pas assez chères, aux exportations, aux fonctionnaires trop payés, à Bruxelles et ses technocrates, etc. etc.

On  donc un talent très sophistiqué pour éviter la question de nos difficultés. François Hollande fera tout pour convaincre son électorat qu’ il faut que chacun range sa chambre et fasse un effort de redressement. Du moins, c’est ce qu’on nous explique. Possible mais peu d’électeurs sont désormais prêts à la suivre.