Présidentielle : Et lundi que diront les marchés ?

Au lendemain de l’élection présidentielle, la France empruntera 8 milliards d’euros sur les marchés.

Qu’on se le dise une bonne fois pour toute, peu importe le Président qui sera élu. Si Nicolas Sarkozy est reconduit, les milieux économiques seront rassurés parce qu’ils n’aiment pas beaucoup le changement. Si c’est François Hollande, la vie reprendra parce que les milieux d’affaires ont déjà intégré une perspective de changement. Les milieux d’affaires savent bien que les promesses de campagne sont une chose mais que le principe de réalité en est une autre. Chacun aura l’occasion de le vérifier dès lundi matin. La France va procéder à un appel de fond de 8 milliards d’euros.

Ce qui préoccupe plutôt les milieux économiques, c’est l’application du programme tel qu’il a été présenté par le candidat socialiste concernant l’absence de réduction des dépenses publiques et des déficits. François Hollande sera  obligé de retarder ou d’amender certaines propositions, sinon à ce moment là, on aura des ennuis. Ce qui rend dubitatif les marchés, c’est aussi la gestion de l’axe franco-allemand. Moteur de notre crédibilité sur les marchés, ce qui nous amènera au strict respect de la discipline budgétaire défini dans les traités. Enfin, l’utilisation de la BCE pour financer de la croissance, je pense que c’est utopique. La BCE a besoin de garanties comme n’importe quelle banque qui fait du crédit.

A partir du moment où nous avons des dettes nous ne sommes pas libre. Nous sommes sous contraintes. Quel que soit l’équipe qui arrivera au pouvoir, il faudra trouver un compromis entre les obligations économiques et les promesses électorales. Le court terme et le long terme. C’est le cœur même de la politique.