PSA : L’Etat ne peut pas régler tous les problèmes

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Un CCE (Comité Central d’Entreprise) se tiendra jeudi chez PSA. Que peut-il se passer et quelle est la marge de manœuvre de l’État ?

Qu’on se le dise, il ne faut attendre aucune bonne nouvelle. La direction devrait malheureusement annoncer la fermeture du site d’Aulnay-Sous-Bois. Peugeot et Citroën souffrent comme toute l’industrie automobile de surcapacité de production par rapport aux ventes. Le marché des voitures françaises est en train de s’effondrer. Si Renault a limité  la casse au 1er semestre (-3,3%), les ventes de PSA ont baissé de 13%. Les deux constructeurs français sont très mal en point surtout en Europe. Les marchés se sont contractés et les français ont perdu des points sur les autres.

Dans ce contexte, la marge de manœuvre du gouvernement est mince. Le Ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, avait beaucoup d’idées pendant la campagne. En réalité, ça va être très compliqué pour lui. D’une part, parce que l’État ne peut pas obliger les français à acheter des voitures. Le gouvernement pourrait subventionner l’achat de voitures neuves par une prime ou aider les groupes. Mais il faut de l’argent et nous n’en avons pas. D’autre part, il ne peut pas intervenir dans la gestion d’un groupe privé. Au nom de quoi l’entreprise encaisse les bénéfices quand tout va bien nationalise les pertes quand ça va mal.

Cependant, le gouvernement peut accompagner par de la pédagogie : obliger les dirigeants à dire la vérité des comptes. Il peut aussi susciter et bonifier des investissements nouveaux dans l’électrique par exemple. Il peut aussi sanctionner les erreurs, les faire payer par les responsables et surveiller l’application de la loi. En vérité, l’État ne peut pas faire croire qu’il peut régler tous les problèmes. Il n’en a pas les moyens.