Tourisme : Les français désertent l’Egypte

Toutes les semaines, un événement entache l’image de l’Egypte. Mercredi soir, des violences ont éclaté après un match de football à Port-Saïd, faisant 74 morts et des centaines de blessés. Inquiétant pour les touristes français ?

« Je ne pense pas qu’une bagarre change grand-chose », explique Yves-Michel Labbé, fondateur de l’agence Directours. « Les voyageurs sont lucides, ils savent faire la différence entre des troubles politiques et des violences suite à un match de foot », poursuit-il. Diala Guilloux, directrice de production moyen-courriers pour l’agence Autrement-Voyages estime  qu’il faudra attendre une semaine à dix jours pour que la demande reprenne. « Si aucun événement ne vient s’ajouter d’ici là », précise-t-elle.

Le printemps arabe et ses conséquences ont eu un impact direct sur le tourisme du pays. Les revenus liés à ce secteur ont baissé de 30% en 2011. « Afin de relancer la demande, nous avons réalisé des offres spéciales », raconte Mathieu Carré, responsable de la communication de Thomas Cook en France. « En ce moment nos voyages pour l’Egypte sont soldés jusqu’à moins 70% ». Le groupe a enregistré une baisse des ventes de 40% par rapport 2010 et a décidé de réduire son panel d’offres pour le pays des pharaons. « Nous avons été obligés de réorienter notre production », poursuit Mathieu Carré. « Nous proposons encore quelques séjours en Mer Rouge mais beaucoup moins de circuits et de croisières ». Yves-Michel Labbé est, lui, plutôt confiant : « C’est un pays fascinant. Avec des prix cassés, un effet d’aubaine, le marché devrait reprendre ». David Savary, journaliste pour le Quotidien du Tourisme, n’est pas du même avis : « Je ne suis pas sûr que les prix cassés suffisent à faire revenir le touriste français », doute-t-il. « Ce dernier n’est pas du genre téméraire, il a besoin de se sentir en sécurité. Depuis trois semaines à Louxor, il y a très peu de Français, et toujours autant d’Allemands et d’Américains par exemple ». Il faudra donc attendre une accalmie plus que passagère pour que les ventes de séjours en Egypte reprennent dans l’Hexagone.

Delphine de Galard