Xavier Kergall : « Créer 300.000 emplois en un an, c’est jouable ! »‏

Le 20ème salon des entrepreneurs ouvre ses portes ce matin au Palais des Congrès de Paris. Pendant deux jours, plus de 70.000 visiteurs sont attendus. L’occasion pour les jeunes chefs d’entreprises et porteurs de projets de rencontrer, durant deux jours, 400 acteurs qui accompagnent la création ou la reprise d’entreprises. Les visiteurs pourront également assister à un programme de 180 conférences couvrant de nombreux domaines : création, innovation, transmission, financement, franchise… Rencontre avec Xavier Kergall, le fondateur du salon.

Est-il plus difficile de créer son entreprise aujourd’hui qu’il y a 20 ans ?
Sans hésitation, c’est beaucoup plus facile de créer sa boite maintenant qu’il y a 20 ans. C’est toujours dans les périodes de crise qu’il y a les plus grandes innovations. En ce moment, vous savez les grands groupes sont tétanisés et peu réactifs. Il y a énormément de place pour les nouveaux business models. Internet a également beaucoup contribué à cela. Vous tapez  « création d’entreprise » sur Google et vous en avez pour une semaine à tout lire. Cela a énormément facilité les choses. Et puis, depuis 20 ans tous les gouvernements de droite ou de gauche ont énormément facilité la création d’entreprise dont l’aboutissement fut le statut d’auto-entrepreneur. Même si, en effet, beaucoup ne font pas de chiffre d’affaire il permet vraiment de mettre le pied à l’étrier.

Les entrepreneurs se plaignent eux, des difficultés de maintenir leur activité. Le ressentez-vous au fil des salons ?
C’est en effet le verre à moitié vide. S’il est plus facile de créer sa boite en 10 minutes sur internet, cela reste très difficile de maintenir son activité. L’explication est simple : en 20 ans de salons, la concurrence et la discrétion sont des notions qui ont totalement changé avec internet. Désormais votre concept, votre idée, votre modèle économique peut se faire copier très rapidement. Donc le problème ce n’est plus la création, c’est de pérenniser son affaire au delà des 5 premières années.

Allez-vous proposer des choses dans ce sens aux ministres qui vont vous rendre visite ?
En effet. Il y a un élément important que nous allons dire aux ministres de Bercy. Vous voulez 300.000 emplois en un an ? Aucun problème, c’est jouable. Sur les 3.500.000 entreprises, il y en 2 millions qui n’ont pas de salariés, parce qu’un salaire à 2000 euro net ça coûte 4000 euros à l’entreprise. Il suffit simplement de remettre en place une mesure vieille d’il y a qu’il y a 15 ans : La mise entre « parenthèses » des charges sociales et salariales. Nous proposons de les reporter à plus tard, quand le patron pourra les payer sans les changer dans le bilan comptable, une simple mise « au frigo ».  Ça met coup d’oxygène sur l’entreprise qui n’a pas de salariés.

C’est une proposition qui peut, selon vous, interpeller les ministres ?
Tout à fait, c’est même en train d’arriver sur le bureau de Pierre Moscovici, de Jérôme Cahuzac et de Fleur Pellerin. C’est une proposition qui émane de notre organisation, de la CGPME et de différents entrepreneurs. A force de marteler cette proposition, ça commence à faire recette. Madame Pellerin commence à prendre en main le dossier. Reste la question du financement.

Comment expliquez-vous cet engouement pour le salon et plus globalement pour la création d’entreprise ?
Il y a plusieurs réponses. La première c’est le changement socioculturel. Aujourd’hui un jeune qui veut se lancer dans la création d’entreprise c’est plus « acceptable » qu’avant. A l’époque de nos grands parents, il fallait devenir avocat, prof, médecin ou ingénieur. Maintenant, ces lignes ont explosé parce que ce n’est pas moins risqué de partir sur un parcours d’entrepreneur. Et puis, les gouvernements ont fait beaucoup d’efforts ces dernières années. Le Politique a tout à coup découvert qu’il n’y avait pas que le CAC40 dans ce pays et que les PME créaient de la richesse. On le voit dans notre salon, les locataires de Bercy viennent de plus en plus nombreux. C’est pire qu’au salon de l’Agriculture !