2000 milliards de dette et tout le monde s’en fout

La France a franchi, mardi soir, le seuil des 2000 milliards de dette et ça ne choque personne. D’abord au gouvernement mais aussi dans la classe politique : c’est tout juste si ça ne fait pas rigoler. Quant à l’opinion publique, vu que l’on ne lui a rien expliqué, elle ne bronche pas. En fait, il n’y a que les vieux grincheux de la Cour des comptes pour s’en inquiéter.

La France a franchi, mardi soir, le seuil des 2000 milliards de dette et ça ne choque personne. D’abord au gouvernement mais aussi dans la classe politique : c’est tout juste si ça ne fait pas rigoler. Quant à l’opinion publique, vu que l’on ne lui a rien expliqué, elle ne bronche pas. En fait, il n’y a que les vieux grincheux de la Cour des comptes pour s’en inquiéter.

La dette publique a atteint 2023,7 milliards d’euros au second trimestre, soit 95,1% du PIB. C’est l’Insee qui publie le chiffre. Le gouvernement pensait atteindre les 2000 milliards à la fin de l’année 2014, c’est raté. A Noël, il faudra ajouter 30 ou 40 milliards de plus.

Ces chiffres sont absolument incroyables car ils ne représentent plus rien et personne ne s’y intéresse. Pourtant ces 2000 milliards représentent 28.000 euros de dette par Français en moyenne. Chaque bébé nait avec un emprunt sur le dos, ça fait cher le berceau !

Au prix actuel, cette dette représente 50 années de recettes fiscales, à supposer que l’on accepte encore de payer des impôts à ce moment-là. Ce qui est affligeant, c’est que nous empruntons de l’argent pour que nos enfants, petits-enfants le remboursent. C’est indécent.

Si encore cette dette avait payé des autoroutes, des chemins de fer, des médicaments contre le Sida ou Ebola… Mais non, cet argent a servi à faire la fête. On paie des fonctionnaires, on n’éteint pas l’électricité dans les bureaux et on dégage, en brulant ces milliards, du gaz carbonique qui perce la couche d’ozone. Donc, non seulement on les endette, mais avec cette dette on leur empoisonne l’atmosphère.

Mais alors, pourquoi trouvons-nous toujours à emprunter ? Pourquoi y-a-t-il encore des banques assez folles pour nous prêter de l’argent quand elles baissent le rideau dès qu’il faut couvrir un découvert d’artisan ?

Tout simplement parce que la France est un pays très riche en patrimoine et que nos préteurs se disent qu’en cas de pépins, ils viendront s’installer dans les châteaux et ils pourront vendre les bijoux. Il y a une deuxième raison moins rigolote.

On trouve de l’argent très facilement parce que la France représente un risque systémique. S’il fallait déclarer la France en faillite, la planète toute entière exploserait. Ce serait pire que Lehman-Brothers. Donc, on nous finance en demandant au régisseur en chef de faire des efforts de redressement. François Hollande dit qu’il fera ces efforts mais ne les fait pas et donc, ça continue.

Autrefois, un chef d’entreprise assez facétieux disait à qui voulait l’entendre, « si vous faites des dettes, essayez d’en faire de très grosses. Si vous faites de petites dettes, la banque vous tient. Si vous faites de grosses dettes, c’est vous qui tenez la banque. » En fait, François Hollande fait d’énormes dettes pour paralyser les banquiers. Malin, finalement le Président…

Comment fera-t-on pour rembourser ? On ne fera pas. On ne remboursera pas. On réinventera le principe de la rente perpétuelle. On rééchelonnera et en attendant on sera humilié et pauvre. Il nous restera comme à Venise des châteaux de la Loire que les riches Chinois ou Africains viendront visiter en jet privé pilotés par les petits-enfants des pilotes de l’ancienne compagnie Air France qui se sera écrasée sur une montagne de privilèges financés par la dette publique. Tout se tient.

Donc, tout le monde s’en fout parce que tous ceux qui gouvernent aujourd’hui seront morts. John Maynard Keynes, l’économiste jouisseur que le monde entier a adoré pendant 50 ans pour avoir inventé l’inflation et la spéculation financière, raisonnait toujours à court terme.

Un jour, un de ses élèves lui demande pourquoi tous les raisonnements économiques qu’il faisait étaient à court terme alors que la création de richesses engage des générations entières. Sa réponse ? « A long terme mon petit on sera tous mort ! » Cet économiste a impacté la pensée économique des social-démocraties pendant 50 ans. A priori il a encore de l’influence.

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