2018 : le tableau de bord de l’économie mondiale, les chiffres clefs, les tendances et les risques.

Si on retient les prévisions de l’OCDE, du FMI, de l’Union européenne et des grands cabinets d’analyse macro économique, on obtient un tableau de bord pour l’économie mondiale pour 2018. 

 

D’après la majorité des experts de la macro économie mondiale, qu’ils soient de l’OCDE, du FMI, de l’OMC ou de l’Union européenne, la visibilité pour 2018 est plus claire que d’ordinaire. Les écrans radars sont toujours aussi nombreux mais beaucoup moins hésitants que les années précédentes.

Le premier indicateur montre le cap de la croissance mondiale. La prévision de croissance mondiale fait l’objet d’un consensus à peu près partagé.

Alors que la croissance mondiale avait été de 3,2% en 2016, elle s’est accélérée en 2017 pour atteindre 3,6% et devrait dépasser 3,7% en 2018.

Les pilotes de l’économie mondiale sont donc assez optimistes quant aux perspectives globales. Mais ils sont très attentifs à tous les facteurs qui peuvent influencer cette perspective.

Pour faire simple, on peut classer ces facteurs en fonction de quatre grandes séries de radars.

 

1 les banquiers centraux

2 les pays émergents

3 les risques politiques

4 l’essoufflement théorique du cycle américain

 

1er grande série de radars, ceux qui scrutent la politique monétaire des banquiers centraux. Alors que la cohérence et l’harmonisation des politiques monétaires ont permis à la planète toute entière de sortir de la crise par des afflux de liquidités, on sait maintenant que les politiques monétaires vont diverger et se resserrer.

La banque centrale américaine va progressivement poursuivre la remontée de ses taux d’intérêt ce qui devrait avoir pour conséquence de ralentir la croissance américaine, sauf que la réforme fiscale de Donald Trump va entrainer un effet de booster sur l’économie. 

Parallèlement, la BCE ne bougera pas une oreille avant l’année 2019, les taux vont légèrement se redresser mais les achats de titres resteront importants. Cerise sur le gâteau, tous les pays européens devraient eux aussi relâcher la pression fiscale, ce qui jouera un rôle d’accélérateur.

La banque d’Angleterre va essayer de compenser le ralentissement de l’activité lié au Brexit, mais elle n’a pas réussi à convaincre les experts qui prévoient un PIB à 1,7%. La Grande Bretagne se prépare plus que jamais à vivre des jours difficiles.

La banque du Japon va laisser grandes ouvertes ses vannes monétaires, ce qui fait qu‘elle va déverser sur l’économie mondiale des tonnes de liquidités au moment où elles seront mieux comptées et contrôlées des deux cotés de l’Atlantique. Le Japon compensera les choix occidentaux.

La résultante de toutes ces politiques monétaires dessine une économie mondiale qui pourra, grâce aux liquidités (venues d’ailleurs), conserver un grand dynamisme et financer des réformes de structures entreprises partout en Occident.

 

2e Grande série d’écrans radars qu’il faudra surveiller : les économies émergentes. La Chine va subir un ralentissement aux alentours de 6,5%. Ce qui est très prudent et n’affectera pas l’économie mondiale. D’autant que le Brésil, la Russie et l’Inde devraient accélérer. Ces pays sont sortis de la récession. Le facteur pétrole aura peu d’importance aux alentours d’un prix moyen de 55 dollars, compte tenu d’un accroissement de l’offre au Moyen Orient et en Amérique du Nord.

 

3e Grande série de radars, ceux qui mesurent les risques politiques. Ces radars sont principalement pointés vers deux grandes zones. La Grande Bretagne avec les procédures du Brexit qui se passent mal pour l’instant et le Moyen Orient où l’Arabie saoudite a redistribué les cartes en laissant quelques foyers de discordes. Et la discorde dans cette région a vite fait de dégénérer en explosion et en conflit.

 

4e  Grande série de radars, la fin du cycle américain. Pour beaucoup d’experts, l’économie US devrait arriver en fin de parcours. Le cycle haussier parti au lendemain des subprimes, en 2009/2010, doit mécaniquement tirer vers la fin. Sauf que le ralentissement est moins rapide que ce qu’on croyait. La politique Trump, sur la monnaie comme sur la fiscalité et les projets de grands travaux, tous ces facteurs-là ont pour résultat de retarder le retournement conjoncturel. Certains analystes à Wall Street en viennent à penser que le retournement n’est pas inévitable. « Personne n’a jamais prouvé que les cycles conjoncturels devaient durer 7 ans, beaucoup durent moins de 5 ans, d’autres beaucoup plus longtemps, 12 ou 15 ans et même parfois 30 ans pour les cycles Kondratieff. »  A l’appui de cette prospective un peu surréaliste, ces experts (proches de Trump) appellent à la barre des témoins les grands de la Silicon Valley qui pensent avoir découvert les secrets de la croissance longue et forte grâce au digital. Les plus transgressifs osent aussi rappeler que Donald Trump lui-même à toujours rêver d’une croissance longue et qu’il fait ce qu‘il faut pour la préparer (mais ça, ce n’est pas sur!).

Donald Trump, inventeur de la croissance perpétuelle, a quand même peu de supporters prêts à le suivre sur ces chemins de l’extrême.