2023 : Le monde des affaires ne fait pas de prédictions, il s’adapte même si l’opinion ne suit pas toujours

Pourquoi essayer de prédire ce qui est imprévisible ? Le monde des affaires  préfère s’adapter aux forces qui façonnent l’avenir et ça ne lui réussit pas trop mal. Les politiques font des prédictions qu’ils présentent comme des promesses et ils échouent, bien évidemment.  

Pourquoi essayer de prédire ce qui peut se passer en 2023, puisque par définition, beaucoup d’évènements sont imprévisibles - la guerre, une pandémie, une crise financière, une catastrophe naturelle ..etc.. Les responsables politiques, eux, font des prédictions, puis des prévisions que l’opinion transforme en promesses qui ne seront pas réalisées. D’où les déceptions, qui alimentent la déprime et hypothèquent tout jugement un peu optimiste ou positif.

Le chef d’entreprise n’a pas le droit d’être déprimé. Ça ne fait pas partie de son job. Son job est de s’adapter aux évènements qui surviennent et aux forces qui façonnent l’avenir de l’entreprise. Le chef d’entreprise a une obligation de résultat.

Le chef d’entreprise fait donc de la prévention (comme les médecins) et des prévisions qui dépendent principalement des tendances lourdes qui pèsent sur les organisations humaines

Pour 2023, la géopolitique, la société ou les marchés donnent des signaux d’évolution intéressants.

Sans nier les difficultés et même les tragédies que rencontrent les peuples, il faut reconnaitre qu’il existe aujourd’hui une offre de tendances lourdes qui va dans le sens de l’amélioration de la situation ou de changements positifs pour les pays occidentaux.

Passons sur la célébration du passage à la nouvelle année. Dans tous les pays, la nuit du Nouvel an a été festive, joyeuse. A Paris, le feu d’artifice sur les Champs Élysées a été extraordinairement suivi par plus d’un million d’hommes et de femmes, sans pour autant que la fête soit gâchée par de la violence ou des brutalités comme souvent. Quelques incidents dans certains quartiers de grandes villes, mais moins nombreux que d’ordinaire.

Mais il existe d’autres marqueurs d’amélioration plus importants.

-La démocratie, dont on a toujours craint la vulnérabilité face aux mouvements populistes, s’est renforcée. Aux Etats-Unis où Donald Trump va sans doute disparaitre des écrans radar, en Grande Bretagne où les militants du Brexit prennent conscience de leurs erreurs. Au Brésil avec le retour de Lula. Dans les pays européens, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, la démocratie a fonctionné.

-l’Union européenne, dont on disait qu’elle était fracturée par les identités nationales, s’est également renforcée. La lutte contre le Covid a provoqué une solidarité au niveau des mécanismes de protection, de détection et d’achat de vaccins. Face à la menace russe, jamais l’Union européenne ne s’est autant fortifiée. Face aux difficultés économie, l’Union européenne a mis en place des mutualisations de la dette, des taxes identiques à la frontière pour contrecarrer les grandes sociétés internationales.

-L’exceptionnelle résistance des Ukrainiens face à l’agresseur russe nous fait espérer une fin de la guerre. Quel exemple pour toutes les populations occidentales !

-La difficulté des armées russes à atteindre leurs objectifs donne à penser que la Russie ne pourra pas gagner cette guerre aux conséquences tellement tragiques.  Cette guerre marque peut-être un vrai changement de gouvernance en Russie.

-La lutte contre le covid a révélé la faiblesse et la vulnérabilité du gouvernement chinois parce que la Chine a été incapable de gérer l’arrivée du Covid, mais surtout incapable d’épargner les populations.

-La révolution en Iran, marquée par les manifestions des femmes iraniennes contre le régime des Mollah, est peut-être le plus grand évènement pour les femmes du monde entier. On ne sait pas si cette révolution ne sera pas tué par les « mollah,» , c’est peu probable. En attendant, les Iraniennes travaillent pour s’émanciper du joug religieux mais elles travaillent pour toutes les femmes du monde. Elles pourraient être soutenues plus fortement qu’elles ne le sont par les féministes occidentales.

-La lutte écologiste a, semble-t-il, fait un immense progrès au niveau de la prise de conscience des peuples. Les mouvements écologistes ne se contentent pas d’un discours de Greta Thunberg, (qui au demeurant a changé de point de vue notamment sur le nucléaire) ou d’une incantation de Sandrine Rousseau très ridicule, mais les mouvements écologistes sont entrés dans le débat qui s’est installé pour savoir si l’écologie était compatible avec la croissance.  Les deux objectifs doivent cohabiter.  Il faut créer de la richesse et lutter pour le climat. Très rares sont les entreprises qui ont tourné de dos aux objectifs de RSE, rares sont les fonds d’investissement qui attendent des injonctions officielles pour flécher leurs engagements sur les actions écologiques et socialement responsables.

- Les progrès scientifiques réalisés en 2022 ont été considérables. Dans le domaine de l’énergie, de la production nucléaire où le monde entier s’était mis en retard pour des raisons idéologiques, a redémarré devant la réalité des besoins. Dans le domaine de la santé, il faudra faire l’inventaire entre ce qu’on a découvert au niveau du traitement du cancer avec les immunochimiothérapies, au niveau des maladies cardio vasculaires et au niveau du covid avec les vaccins à ARN messager, dans le spatial aussi, enfin dans les applications de l’intelligence artificielle.  Dans tous ces domaines, la Russie est grandement absente, la Chine a beaucoup de difficultés, l’Europe a perdu du terrain mais les européens, les chercheurs français notamment, dominent la recherche aux États-Unis unis et en Grande Bretagne.

-Le rôle de l’État, de plus en plus obèse depuis un demi-siècle, pourrait se débloquer. La majorité des Européens, et surtout des Français sont désormais convaincus que nos administrations sont trop lourdes et trop couteuses. L’école, le système de santé, la justice, toutes les fonctions régaliennes sont devenues obèses. Elles coutent très chères et ne sont pas efficaces ou performantes, sauf à insuffler un vent de pessimisme dans les populations.

-la réindustrialisation. Les chefs d’entreprises et les investisseurs ont compris, depuis deux ans, qu’il leur faudrait abandonner une partie de leurs actifs en Asie pour les rapatrier en Europe. Seulement voilà, si les chefs d’entreprise l’ont compris, les consommateurs sont loin d’assumer des changements de prix que la relocalisation va entrainer. Produire vert et près de chez nous, c’est bien mais va coûter plus cher. Forcément .