A la veille du G20, le monde entier redoute l’Europocalypse

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. A deux jours du G20, qui se tiendra lundi et mardi à Los Cabos au Mexique, deux sujets majeurs inquiètent les dirigeants mondiaux : les élections législatives en Grèce, qui pourraient menacer l’unité de la zone euro, et les positions divergentes du couple franco-allemand. Pour la presse américaine, nous sommes au bord de l’Europocalypse. Explications.

Des élections sous tension

Dimanche, les grecques votent aussi dans le cadre des élections législatives. Si à l’issue du scrutin la gauche radicale arrive au pouvoir, on entre dans une situation complètement inconnue. Pourquoi ? Parce que les dettes ne seront pas remboursées et que la Grèce ne pourra plus financer ses dépenses mais voudra rester dans la zone euro. Donc, affolement général et risque de paralysie des systèmes bancaires mondiaux comme en septembre 2008. Les banques centrales du monde entier ont, semble-t-il, un plan pour éviter cette paralysie mondiale de la finance : elles pourraient intervenir massivement pour protéger la circulation de l’argent. D’où l’euphorie boursière vendredi. Cela dit, ça n’empêche pas les risques d’explosion de la zone euro.

Menace de divorce entre Paris et Berlin

Un peu plus à l’ouest, il y a de l’eau dans le gaz pour le couple franco-allemand. Si le divorce est sérieux, les conséquences seront dramatiques parce que c’est l’Allemagne qui garantit notre équilibre des comptes et nos taux d’intérêt. Evidemment dans tout cela il y a beaucoup de cinéma politique. François Hollande estime que ça renforce le PS et Angela Merkel, accusée chez elle de tout payer, n’est pas mécontente d’élever un peu la voix. Mais à terme, l’un et l’autre ont intérêt à jouer la même partition. Pourtant, pas facile de débattre. D’un côté on demande aux Allemands de financer le rééquilibrage de la zone euro et de payer les dettes de tout le monde. De l’autre, personne n’est capable de leur indiquer ce que l’on peut leur donner en échange. Nous ne sommes même pas capables de leur promettre que l’on fera moins de dettes. Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne est dépassé par ces chamailleries. Il voudrait que l’Europe se regroupe face à l’Amérique et aux pays émergents parce que le G20 de lundi s’annonce  pitoyable  pour nous.