Abenomics : Les 5 chiffres clés

François Hollande arrive jeudi 6 juin à Tokyo pour une visite d’Etat de trois jours au cours de laquelle il doit longuement s’entretenir avec le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, instigateur d’une politique économique audacieuse qui va à rebours de l’austérité prônée ailleurs. Cette politique surnommée « abenomics » intéresse le président français confronté à la dégradation de l’économie européenne. Voici les 5 chiffres à retenir pour en comprendre les tenants et aboutissants.

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20 : C’est le nombre d’années de stagnation économique et de déflation que le Japon a connues avant l’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe.

3 : Comme les « 3 flèches » que veut décocher le Premier ministre. Une première flèche pour relancer l’activité économique grâce à 80 milliards d’euros de dépenses budgétaires. La deuxième flèche revient à faire marcher la planche à billets pour faire baisser les taux et faciliter le crédit, favorisant ainsi la consommation et l’investissement. Enfin, la troisième flèche vise à relancer le secteur privé via une réforme fiscale et la création d’une zone de libre-échange transpacifique.

1,6% : C’est la prévision de croissance nipponne du FMI pour 2013. On peut également noter que la production industrielle a augmenté de 1,7% entre mars et mai et que la consommation des ménages s’est accrue de 1.5% en un an.

25% : C’est la dépréciation du yen face à l’euro et au dollar réalisée en 6 mois grâce à l’injection de liquidités dans le système. Ce qui fait dire à l’économiste libéral Charles Gave qu’on assiste à « un nouvel épisode de la guerre des monnaies ; le reste, c’est du pipeau ».

80% : C’est la hausse du Nikkei, principal indice de la Bourse de Tokyo, entre l’été 2012 et mai 2013. Les investisseurs se montrent néanmoins de plus en plus fébriles, comme le montre la nouvelle baisse du Nikkei de 3,83% enregistrée ce mercredi. En effet, le FMI pointe des risques considérables liés au gonflement d’une bulle financière et à une dette qui devrait atteindre 245% du PIB japonais en 2013.

Brice Alves