Affaire Ikea : Un ex-patron aurait cautionné l’affaire d’espionnage

Un ancien patron d’Ikea France aurait « cautionné et supervisé » l’espionnage d’au moins une de ses salariées, affirme le site d’informations Mediapart qui publie lundi des échanges de courriers électroniques entre l’ex-PDG, le chef de la sécurité et la directrice des ressources humaines.

Ces courriers détaillent les déplacements au Maroc d’une employée qu’ils soupçonnent d’abuser d’un arrêt maladie. Une enquête préliminaire de police a été ouverte jeudi dernier par le parquet de Versailles sur des pratiques présumées d’espionnage d’employés et de clients par le géant de l’ameublement suédois en France.

L’enquête, qui fait suite à une plainte du syndicat Force ouvrière de Seine-Saint-Denis pour « utilisation frauduleuse de données à caractère personnel », a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Les faits présumés ont été révélés par le Canard enchaîné, qui assure qu’un responsable de la « gestion du risque » à la direction d’Ikea-France a opéré depuis des années des collectes de données personnelles via une société privée qui aurait eu accès frauduleusement à plusieurs fichiers de police.

Dans un communiqué, la direction française d’Ikea a dit la semaine dernière prendre ces accusations « très au sérieux » et annoncé l’ouverture d’une enquête interne « avec l’aide de conseillers indépendants » ainsi que la mise en disponibilité du responsable mis en cause.

Mais d’après le site d’informations Mediapart, « l’enquête ouverte par le parquet de Versailles ne devrait pas tarder à remonter plus haut, jusqu’au sommet de la hiérarchie ». « En 2008, d’après les documents en notre possession, le PDG (…) lit et réagit personnellement à l’évolution d’une enquête sur (une) salariée du groupe à un poste de direction », écrit ainsi Mediapart, qui publie l’intégralité des échanges en sa possession.

Avec Reuters