Affaire Renault : Les têtes vont tomber

Réunion extraordinaire du conseil d’administration de Renault cet après-midi pour tirer toutes les leçons de cette fausse affaire d’espionnage.

Ce qui s’est passé est invraisemblable : Des cadres de hauts niveaux accusés d’espionnage et de corruption sans preuve et jetés à la vindicte publique avec en plus, apparition du PDG sûr de lui à la télévision. Les victimes auront du mal à s’en remettre, la présidence est apparue irresponsable et l’image de l’entreprise en a pris un coup. Les rapports d’audits qui seront rendus publics cet après-midi vont permettre de dénoncer les disfonctionnements internes. Le conseil d’administration prononcera ou demandera sans doute des sanctions.

Des démissions dans l’air ?

Il y aura forcement des mutations et des démissions à la DRH, ou à la direction de la sécurité. Est-ce que ça peut aller jusqu’au départ de la direction générale ? C’est possible.

Patrick Pelleta avait indiqué dans une interview au Figaro, qu’il fallait que tout le monde prenne ses responsabilités. Ceci dit, le directeur général est très certainement d’une intégrité absolue, il est très aimé du personnel et il est en plus celui qui connaît le mieux les relations entre la France et le Japon.

De son côté, Eric Besson, le ministre de l’Industrie a dit à plusieurs reprises que le moment n’était pas venu de déstabiliser la direction générale. A 15 % du capital, c’est l’État qui mène le jeu.

Il est normal que devant une telle bévue les cadres dirigeants prennent leurs responsabilités, mais je crois que le problème va au-delà de cette fausse affaire d’espionnage.

1er point : Renault comme toute les grandes entreprises fonctionne dans un climat de paranoïa. La pression conjoncturelle est affreusement lourde et l’espionnage existe. La sécurité est devenue une obsession.

2nd : Le président de Renault, Carlos Ghosn, accuse un déficit de communication. Il a agacé beaucoup de monde. Il a parfois oublié qu’une grande entreprise comme  Renault qui appartient encore à l’État devait être exemplaire. Et quand le PDG annonce des mises à la retraite anticipées alors que le gouvernement plaide pour le report de l’âge légal, ça fait désordre. Quand le PDG annonce des délocalisations industrielles ça fait désordre. Quand le public apprend les cumuls de salaires du président, là encore, ça fait désordre.

Alors la direction générale a présenté ses excuses. C’est bien, mais entre nous ça ne suffira pas pour restaurer la confiance.