Alain Madelin – Davos : « Un programme café du commerce montagnard mondain »

Le World Economic Forum (WEF) s’ouvre aujourd’hui à Davos, petite station de ski suisse. Au programme de ces quatre jours, une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement  vont retrouver des centaines de grands patrons, économistes, experts et journalistes venus de toute la planète. L’édition 2013 est marquée par un apaisement de la situation économique après une année compliquée pour la zone euro qui paraissait, alors, au bord de l’éclatement. Décryptage du programme avec l’ancien ministre de l’Économie, Alain Madelin, qui ne mâche pas ses mots à propos de l’événement.

Le WEF s’ouvre aujourd’hui à Davos. Que pensez-vous de cet évènement ?
Le forum de Davos, c’est surtout une très belle opération commerciale où l’on fait rencontrer des politiques à des hommes d’affaires qui paient à prix d’or leur participation. Disons que ça leur permet ensuite de faire du name dropping pendant un an ! Certains thèmes abordés cette année sont pertinents mais pour le reste, c’est un programme plutôt « café du commerce montagnard mondain».

Le grand thème cette année, c’est « le retour de la croissance dans l’économie mondiale ». Quel est votre bilan à ce sujet ?
La toile de fond mondiale me laisse à penser que les deux moteurs de la croissance tournent à plein régime. Le premier, c’est celui de la mondialisation et l’autre celui de l’innovation. A partir de là, je crois qu’il y a des domaines qui laissent entrevoir des modifications considérables de l’économie de la planète. Ce sont  notamment ce que l’on appelle les NBIC (Industries des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Ce sont des secteurs de croissance économique. Enfin, j’ajouterais à mon bilan, qu’en Europe, le problème reste l’asphyxie provoquée par les dettes publiques.

Justement, de nombreux débats porteront sur le retour de la compétitivité en Europe. Quelle est votre solution ?
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la compétitivité de la zone Euro, c’est la compétitivité de chacun des pays qui la compose. Pour ces états et le notre en particulier, il faut une dépense publique efficace. Ce qui ne veut pas dire une coupe à l’aveugle dans les budgets, mais une redéfinition des missions de l’État qui peut passer par des privatisations. C’est aussi la compétitivité des entreprises. Cela passe par une fiscalité de l’investissement favorable au capital et une confiance dans les entrepreneurs. C’est aussi, un marché du travail qui fonctionne, qui puisse fixer librement les prix et  favoriser les échanges et l’ouverture à la concurrence.