Alain Madelin : « Le choc de compétitivité, une pichenette ! »

Face au rapport Gallois et aux décisions que prend le gouvernement, Alain Madelin estime que ces réponses ne sont pas les bonnes. Pour l’ancien ministre de l’Économie, la compétitivité des entreprises ne passe pas par ces mécanismes publics.

Que pensez-vous des décisions prises par le gouvernement, suite à la remise du rapport Gallois ?
Je pense que cette conclusion, c’est la moins mauvaise fin d’une comédie qui a commencé par la TVA sociale, puis TVA anti-délocalisation… L’idée que la France a un problème de compétitivité que l’on peut résoudre vers un transfert massif des charges, c’est une farce ! Le choc de compétitivité, en réalité, ça sera une pichenette pour les entreprises.

Pourquoi estimez-vous que c’est une « farce » ?
Parce que l’on joue sur des améliorations de l’ordre de 1% ou 2% sur les prix. Ce n’est pas de nature à améliorer la compétitivité. L’effet d’aubaine sera microscopique. On va construire une usine à gaz. C’est vrai qu’il y a un énorme besoin de recapitalisation. Mais plutôt que faire un long et coûteux détour par cette mécanique du crédit d’impôt, il vaudrait mieux favoriser l’épargne et rechercher la profitabilité de cette épargne.

Quelles sont, selon vous, les bonnes solutions ?
Le diagnostic de Louis Gallois, c’est la réalité. On a besoin de recapitaliser les entreprises en injectant massivement du capital. Mais j’estime que pour ça, on n’a pas besoin de l’État ! Il faut plutôt une bonne profitabilité de l’épargne au lieu d’aller vers les œuvres d’art etc. J’observe que la loi de finance a cassé le capital investissement et que M .Gallois propose une béquille publique plutôt que réparer ces mécanismes qui existent. Nous avons besoin de capitaux longs en France, la bonne réponse ce sont les fonds de pensions.