Alerte rouge sur la dette publique : les exigences de la CGT à la SNCF vont faire passer l’endettement français au delà des 100% du PNB

L’Etat va encore une fois, céder aux exigences de la CGT sur le dossier de la SNCF, mais ce faisant, il s’oblige aussi à compenser financièrement l’entreprise publique pour protéger son équilibre.

Alors que la direction de la Sncf avait signé avec deux syndicats (dont la CFDT), un accord de modération et de rééquilibrage des horaires de travail de façon à redresser la productivité, la CGT a conditionné le déblocage de la France et l’arrêt des grèves à l’abandon de cet accord.

L’Etat français a donc prévenu Guillaume Pepy, le président de la SNCF qu’il fallait abandonner cette négociation.

Cette affaire est un pur scandale.

1. Les cheminots méritent très certainement de défendre leurs traditions, leur culture, leurs conditions de travail, leurs horaires et leurs retraites. Là-dessus il n’y a pas de débat.

2. Cette défense des droits acquis doit s’inscrire dans l’évolution technologique et concurrentielle de l’activité. La SNCF est une formidable entreprise où les progrès techniques ont été considérables, où les investissements de renouvellement et de développement sont immenses, mais l’entreprise  se retrouve de plus en plus en concurrence avec d’autres transporteurs.

3. Dans un écosystème complètement chamboulé, la direction de la SNCF (Guillaume Pepy) avait pour ambition de réformer l’organisation de l’entreprise de façon à ce qu’elle puisse assumer ses contraintes de marché tout en respectant ses obligations de service public.

Le problème c’est que, depuis le psychodrame de la loi Travail, la CGT qui a échoué dans son exigence de retrait de la loi, a porté le conflit sur d’autres terrains que celui de l’emploi privé et notamment le terrain de la SNCF où les rapports de force lui sont favorables.

Puisque Manuel Valls n’abandonne pas sa reforme du marché du travail, il doit faire des concessions ailleurs pour permettre à la CGT de sortir la tête haute. D’où le conflit à la SNCF, qui n’est, en rien concerné par la loi Travail.

Pris en otage par un risque de blocage sur le transport ferroviaire, le gouvernement préfère désavouer le président de la SNCF.

Seulement, le président de la SNCF a d’autres obligations, il doit gérer une dette colossale, plus de 50 milliards d’euros dont 7,7 milliards pour l’exploitation courante des trains et 43,3 milliards pour le RFF, c’est-à-dire le réseau ferré de France qui gère les voies de chemin de fer (entretien et développement).

C’est pour faire face à ces obligations qu’il avait engagé un plan de réforme interne pour dégager des moyens. Si le plan de réforme est annulé, et comme par ailleurs les tarifs sont gelés, le président de la SNCF n’a pas d’autres solutions que de se retourner vers l’Etat pour obtenir des moyens nécessaires.

Au total, il faudrait trouver 10 milliards d’euros que l’Etat n’a évidemment pas.

L’Etat doit parallèlement recapitaliser EDF et Areva. Alors l’Etat peut sans doute vendre quelques actifs, mais on voit mal le gouvernement lancer une vague de privatisation dans le climat actuel.

La seule solution passe par une multiplication des partenariats public-privé, mais surtout par de l’endettement.  Du coup les risques sont énormes.

1e risque, la dette publique française tend déjà les 100% du PIB. Les taux d’intérêt ont beau être très faibles, on considère qu’à plus de 100% du PIB, le pays entre en zone rouge ou la solvabilité est atteinte. Il faut donc trouver des solidarités à l’extérieur et donner des garanties que nous n’avons pas. La France n’est pas la Grèce, bien sur, mais elle se retrouve sur une pente très savonneuse ;

2e risque, Bruxelles. La Commission européenne et la BCE ne peuvent pas accepter une telle situation sans réagir. L’endettement de la SNCF est systématiquement considéré par Bruxelles comme de l’endettement public.

Politiquement c’est insupportable.