Alors que tout s’effondre, l’économie et le moral, une seule bonne nouvelle : les banques ne feront pas faillite.

Du côté de l’Insee ou de Bercy, on s’attend à un effondrement de l’activité économique de 10%, sur l’année au moins. L’Etat va emprunter à tour de bras pour compenser les pertes de valeur. Qui paiera, parce qu’il faudra bien que quelqu’une paie : vous, vos enfants ou les banques ?

Dans ce déluge de mauvaises nouvelles qui nous submergent depuis deux mois, on trouve toute sorte d’informations. Les plus morbides comme les plus invraisemblables. Le nombre de morts chaque jour, le nombre de masques insuffisants, celui des tests introuvables. Sur le front de l’économie, la chronique quotidienne de l‘effondrement annonce des chiffres de plus en plus sombres. Certains secteurs sont complètement asphyxiés, d’autres sont en coma artificiel et tous sont sous perfusion de l‘Etat via la BPI.

On estime que sur 2020, le PIB, va reculer de 10 % minimum ce qui nous fera la plus profonde des récessions de l’histoire.

Globalement, l’Etat français nous promet l’équivalent d’un plan Marshall, pour éviter la déconfiture générale et la guerre civile ou sociale, ce qui reviendrait au même.

Au total, entre les prêts garantis par l’Etat aux entreprises, les aides exceptionnelles pour celles qui ne respirent plus parce que leur chiffre d’affaire est tombé à zéro, celles qu’il faudra recapitaliser ou même nationaliser pour éviter qu‘elles ne tombent dans les bras d’un prédateur (étranger, puisque les prédateurs sont toujours étrangers). Il faut évidemment ajouter le volet social, allocation chômage pour que la majorité des salariés puisse faire « confinement » sans briser l’outil de travail.

« Nous sauverons le système quoi qu‘il en coute » disait Emmanuel Macron. Sauf qu’il faut les trouver (c’est facile) et les financer parce que les recettes de l’Etat ne seront pas au rendez vous.

1er point : on trouvera à emprunter sur les marchés financiers internationaux à condition de fournir de garanties. On les fournira.

2e point : il faudra bien les financer. En première estimation, ça devrait couter 50 milliards par mois en emprunt. Sur une année budgétaire, on devrait voir notre déficit dépasser les 500 milliards soit plus de 6 ou 7 % du PIB.

C’est une situation qui est porteuse d‘une météo financière tumultueuse parce que la question est de savoir qui paiera.

Qui paiera ? Mais tout le monde ! Tous les contribuables (entreprises, particuliers). C’est d’ailleurs grâce à la qualité de nos contribuables que la France trouve de l’argent à emprunter si peu cher et si facilement. Cela dit, si on ne veut pas étouffer une fois de plus les initiatives, il ne faudra pas trop écraser les acteurs de la création de richesses, donc on élargira la facturation aux consommateurs sous forme d’inflation, et aux épargnants.

Par miracle politique, l’Etat peut aussi y participer en écrasant certaines dépenses mais ne rêvons pas, ça relèverait très justement du miracle.

Donc on essaiera simplement d’étaler dans le temps pour que le fardeau ne paraisse pas trop lourd à porter.

La facturation de la crise du coronavirus va donc représenter au moment de Noël prochain une très mauvaise nouvelle.

Par contre, dans ce tableau un peu démoralisant, il existe une bonne nouvelle. C’est Marc Fiorentino, le patron de Meilleurplacement.com qui, avec la violence de son talent et sa conviction, nous rappelle très justement que les banques et les assurances pourtant aux premières loges ne feront pas faillite. Elles ne pourront pas faire faillite. Donc aucun risque.

Alors la majorité des économistes et des responsables économiques le savent depuis longtemps. Les banques demandent des garanties partout au point d’étrangler leurs clients. Donc leurs risques sont couverts. Et quand les risques pris sont trop « risqués », la majorité des observateurs a toujours pensé que les banques étaient garanties par l’Etat. « Too big, to fail ». Trop grosse pour échouer dit le dicton. 

Alors ça a longtemps été vrai. Ça a longtemps justifié le développement des systèmes bancaires et la course à la taille. Ça leur a permis aussi de prendre des risques intenses et de gagner beaucoup d’argent. Ça donc été vrai jusqu’au 23 septembre 2008 quand une des plus grandes banques mondiales a été mise en faillite aux Etats-Unis. La déconfiture de Lehman Brothers restera dans l’Histoire comme ayant déclenché la plus grosse crise économique depuis la dernière guerre. Lehman, bourrée de subprimes, a été lâchée par le gouvernement américain qui ne devait pas imaginer le caractère systémique de cette chute.

Personne ne sait au juste si Lehman a été victime des risques intenses que la banque avait pris où si elle a été victime de la guerre que se livrent à New York la banque protestante et la banque juive.

Toujours est-il que ce jour-là, la banque juive a subi un préjudice dont beaucoup pensaient qu‘elle ne s’en relèverait pas. JP Morgan, leader de cette société « wasp » qui règne sur la finance de New York, s’est d’ailleurs installée sur la première place du podium qu‘elle convoitait depuis un demi siècle.  

La banque juive est cela dit restée très puissante puisque Goldman Sachs est aussi devenue depuis l’une des plus grandes banques d’investissement du monde et qu’elle talonne JP Morgan. En attendant, la planète tout entière a payé très cher ces excès spéculatifs doublée d’une rivalité sociétale.

Depuis la faillite de Lehman, la leçon a été tirée par tous les gouvernement qu‘une banque ne pouvait pas faire faillite.

Alors Marc Fiorentino rappelle que lors de ces heures sombres de 2008 et 2009, beaucoup de clients français tremblaient pour les comptes qu’ils avaient dans les grandes banques françaises comme la Société générale ou la BNP, et que du coup, « morts de trouille » pour leur épargne, ils transféraient une partie de leur magot à La Poste, à la Caisse d’épargne ou même au Crédit agricole. Bref dans des établissements du service public ou presque.

Marc Fiorentino ne prétend pas, avec beaucoup d’humour, avoir une information particulière qui lui donnerait cette certitude... Non, il explique de façon très basique ce que finalement tous les peoples de la finance et de la banque en Europe savent :

les banques ne peuvent pas faire faillite « parce qu’elles se sont plus des banques ... »

Depuis 2008, depuis la fameuse crise des subprime, les banques ne sont plus que des émanations de la Banque centrale européenne. Ce ne sont plus des banques indépendantes, ce sont des logos, des enseignes, dont le fonctionnement a été fixé par des accords de Bale 3, et les ressources financières sont systématiquement apportées par la BCE. Depuis plus de dix ans maintenant, la BCE les a mis sous perfusion. Super Mario a mis au point le système, il a convaincu les gouvernements européens, y compris allemand, que c’était mieux ainsi et il a gagné. Christine Lagarde, qui lui a succédé, a repris le petit livre de la méthode et continue de l‘appliquer avec beaucoup de zèle et elle aussi a raison.

Les dirigeants des banques françaises affirment haut et fort qu’ils se livrent une concurrence à couteaux tirés pour le bien du consommateur-client, mais en réalité, ils sont installés dans le giron de la BCE, et dès que l’orage gronde, la BCE les alimentent en liquidités.

Aujourd’hui, ça n’est pas un orage, c’est un tsunami financier donc le flot de liquidités a démesurément grossi.,

La BCE apporte aux banques commerciales de quoi aider les entreprises, on passe par la BPI, qui appartient à l’Etat pour des questions politiques et juridiques. Mais le résultat est le même. La banque chez qui on a déposé les comptes courants ou les comptes titres ne pourra pas faire faillite.  Donc aucune raison de s’inquiéter. Du moins pas de cette raison là.

Bon sang, mais c’est bien sur. C’est Marc Fiorentino qui a pris un risque en dévoilant le secret que tout le monde des spécialistes savait. Il risque de recevoir un coup de fil de son banquier. Mais après tout peu importe. Il pourra transférer l’appel au cabinet de Christine Lagarde.