Après un été meurtrier, la France de François hollande est de plus en plus isolé

Le Président va retrouver cette semaine une situation encore pire que celle qu’il avait quitté en partant en vacances. La croissance est nulle, les agriculteurs sont vent debout et on ne sait pas comment payer la facture grecque. Le comble, c’est que la majorité des ennuis qui nous assaillent auraient pu être évités… Le problème français c’est une fois de plus, l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.

La situation française est devenue invraisemblable et assez désespérante pour ceux qui espèrent encore travailler dans l’hexagone.

Quand on fera le bilan de l’été, on s’apercevra qu’il a été particulièrement meurtrier et pas seulement au regard de la sécurité routière. Les statistiques sont accablantes. Depuis 4 ans, le nombre d’accidents mortels de la circulation s’est accru de près de 20 % et on sait bien que cette recrudescence est imputable a un plus grand laxisme dans la lutte contre la délinquance routières et une certaines complaisance dans le contrôle de la règlementation routière. La meilleure preuve c’est que le Premier ministre s’est souvenu que le comité de la sécurité routière ne s’était pas réuni depuis presque 4 ans. Pendant quatre ans, on s’est donc mis au bord des routes à regarder passer les chauffards. Alors passons.

L’été a surtout été meurtrier sur le terrain économique et financier, où l’incompétence des gouvernants a battu tous les records. La chaleur sans doute !

1e dossier, la croissance nulle. Contrairement à ce qui s’était passé au 1er trimestre, l’activite est retombée à zéro au deuxième trimestre. Encéphalogramme plat. Le PIB français a donc stagné en raison de la faiblesse des investissements et de la consommation privée. Ça ne va pas arranger le marché du travail. Sans investissement, pas d’embauche. Et sans embauche, pas de croissance. La boucle est bouclée.

La croissance prévue et annoncée pour 2015 ne sera pas à l’objectif, contrairement à ce qu’on croyait, et à ce qu’on annonçait. Michel Sapin était donc de corvée vendredi pour expliquer que la situation n’était pas catastrophique mais qu’enfin, elle n’était pas bonne. Quel métier que celui de ministre d’un gouvernement Hollande !

La France est donc plantée quand l’ensemble de l’Europe se redresse grâce a la conjonction des vents porteurs (l’euro faible, les taux d’intérêt et le prix de l’énergie et des matières premières, très bas) et l’action de réformes dans la plupart des pays. L’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grande Bretagne et l’Allemagne sont en train de redémarrer. La France, elle, est plantée. Il faudra bien qu’un ministre français explique un jour que si nous ne nous redressons pas, c’est parce qu’on a refusé les réformes de structure (impôts , prélèvements sociaux et règlementation du travail. François Rebsamen a bien été tenté d’expliquer tout cela, mais ça n’était pas politiquement correct. Ca n’était surtout pas acceptable par la gauche de la gauche. Il a préféré rentrer chez lui. Plus simple. Plus calme.

Le dernier rapport de l’Institut de l’entreprise, un think-tank que dirige Michel Pébereau est sans appel. La France ne fait rien de ce qu’il faudrait faire pour se réveiller.

François Hollande espérait peut être que ce diagnostic passerait inaperçu. Et pourtant la vérité est simple : Pour créer de l’emploi, il faut des reformes qu’il refuse de mettre en œuvre parce que son aile gauche ne les accepterait pas. Dans ces conditions il ne parviendra jamais à inverser la courbe du chômage. Il ne pourra pas être candidat. Son aile gauche aura gagné.

 » height= »1″ width= »1″>2e dossier. Le feu à la campagne. L’action du gouvernement n’a pas calmé les agriculteurs parce que les mesures prises ne répondaient pas aux problèmes. Quelle arrogance ou quelle ignorance de penser qu’on peut régler un problème d’ajustement structurel en proposant de fixer le prix des matières premières. Dans un premier temps le gouvernement a réuni les éleveurs et les producteurs qui se plaignaient que le prix auquel on leur achète la production est trop faible, et ne leur permettaient pas de vivre. Pour calmer le jeu, le gouvernement, en accord avec la FNSEA va, lors d’une table ronde dont l’Etat a le secret, fixer le prix qui semble leur convenir. 1,40 euros le kilo de porc pour ne prendre que cet exemple.

Les agriculteurs rentrent donc leurs tracteurs à la ferme et le ministre de l’Agriculture s’en vient à la télévision pour montrer combien il a été habile et efficace.

Bravo. Sauf que le superman de l’agriculture a beau décider du prix de la viande, ce n’est pas lui qui l’achète. Ceux qui achètent ce sont les opérateurs industriels et les grossistes et eux à 1,40 euros, ils n’achètent pas. Les Allemands vendent la même viande à 1,20 Euros. Et le client lui va évidemment choisir la moins cher.

Le gouvernement n’a pas compris que celui qui fait la loi sur le marché c’est le client. Quoi qu’on dise ! Sauf en Corée du nord peut être, et encore, par sûr !

La question qu’il aurait fallu poser était pourtant très simple : Pourquoi la production française n’est-elle pas capable de produire de la viande de porcs à 1,20 Euro, le prix européen du marché.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le gouvernement n’a pas créé un écosystème pour améliorer la compétitivité des producteurs. Les entreprises agricoles sont des entreprises comme les autres. Elles sont en concurrence. Quelle incompétence que d’ignorer cette évidence et de fourvoyer les agriculteurs. Normal qu’ils soient en colère. Normal qu’ils veuillent mettre le feu au système. Les gens du gouvernement ne connaissent pas cette réalité. Ils mangent Bio.

3e dossier : le plan grec… Les autorités grecques et les créanciers sont parvenus à un accord qui permettra à la Grèce de recevoir une première tranche d’aide avant le 20 août. La France officielle a toutes les raisons de se réjouir. François Hollande a reçu Alexis Tsipras au début de la crise et l’a assuré de son soutien. Le Président s’est ensuite vanté d’avoir obtenu un accord politique de principe lors du sommet de la dernière chance.

Mais tout cela etait pipeauté. La Grèce a fait croire qu’elle allait accepter les conditions et qu’elle allait se réformer. Les pays de la zone euro ont fait semblant de croire ce que disaient les Grecs et l Allemagne, qui était opposée a tout, à fait croire que finalement elle paierait les factures. Personne n’était dupe. Les choses sont beaucoup plus compliquées.

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Sur le principe, les dirigeants de la zone euro avait signé un accord de « principe », une sorte de promesse sous conditions. Mais les détails ne sont toujours pas réglés. Les créanciers débloqueront un début d aide pour éviter le défaut de paiement le 20 aout mais rien n’a été réglé sur le fond. Il reste deux obstacles majeurs.

Le gouvernement Grec a fait voter à l’arraché quelques réformes sans avoir les moyens administratifs de les faire appliquer. Par ailleurs Alexis Tsipras n a plus de majorité dans un pays ou les électeurs sont de plus en plus favorables à Syriza le parti de Tsipras mais qui s’estime trahi. Quel désordre ! Il faudra donc faire des élections anticipées pour retrouver une légitimité et avancer. Pour l’instant on tourne en rond.

Le deuxième obstacle est allemand. Pour que l’accord soit appliqué, il faut que le Parlement allemand l’accepte. Or Angela Merkel n’a pas forcément de majorité pour faire adopter le plan. Elle est même en guerre contre son ministre de l’économie. Elle veut démontrer que les contribuables Allemands ont plus à gagner à ce que la zone euro soit stabilisée plutôt qu’a une faillite de la Grèce. Les taux d’intérêt restent très bas (pour les Allemands ca représente une économie de 100 milliards). Par ailleurs, avec la Grèce dans la zone euro, c’est la perspective d’une vague de privatisation a laquelle tout le monde pourra participer à commencer par les Allemands. Le raisonnement est juste mais difficile à faire passer au JT de 20H en trois minutes.

Tellement difficile qu’en France on n’a même pas pensé à le faire. La France ne s’inquiète nullement de la facture grecque (environ 30 milliards rien que sur le 3e plan sans être sûr de les retrouver). La France n’a pas fait les comptes. Elle pourrait faire de la pédagogie, expliquer que la stabilité de la zone euro vaut bien une aide… Mais la France ne dit rien, exactement comme si nous n’avions rien compris à ce qui se passe.

Les dirigeants français ont très bien compris ce qui se passe en Grèce. Ils ont laissé faire par incompétence. Ils ont laissé faire par complaisance pour ne pas froisser l’aile gauche de la majorité de François Hollande. Ils ont aussi laissé faire par cynisme. Beaucoup de dirigeants français ne sont pas loin de penser que la France se dirige tout droit vers le modèle grec. Par conséquent ce jour-là, Paris aura besoin des aides de la zone euro. Alors à Paris comme à Athènes on travaille pour soi. Quel système !