Autorité économique ou majorité politique : François Hollande choisira-t-il enfin ce soir ?

Le monde des affaires ne comprend strictement rien à ce que veut faire François Hollande. Sa campagne de communication pour rassurer les Français tourne au ridicule et surtout ne répond pas à la question. Ce soir, le président peut prendre deux directions politiques totalement opposées l’une de l’autre.

Le monde des affaires ne comprend strictement rien à ce que veut faire François Hollande. Sa campagne de communication pour rassurer les Français tourne au ridicule et surtout ne répond pas à la question. Ce soir, le président peut prendre deux directions politiques totalement opposées l’une de l’autre.

Pour les chefs d’entreprise qui se débattent tous les jours afin de trouver des marchés et les moyens d’être encore debout l’année prochaine, pour l’opinion publique qui a parfaitement compris que ce pays n’avait ni visibilité, ni stabilité, ni autorité, le problème ne relève pas de la communication. Il relève de l’action. Assez parlé, il faut délivrer des résultats tangibles en matière de réforme. Ce soir, le problème de François Hollande est simple.

Ou bien il conforte la ligne politique conduite par Manuel Valls et le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron pour faire réellement les réformes structurelles, qui sont incontournables sur le droit du travail, la fiscalité et la gestion budgétaire. Si c’est le cas, le discours de François Hollande sera épluché à la virgule près. Il soutient et conforte son Premier ministre sans aucune ambiguïté dans tous les domaines. Du rôle central des chefs d’entreprise au maintien du projet du nouvel aéroport de Nantes, dont la Bretagne a besoin.

Ou bien il prend de la distance avec cette ligne, il tempère, il modère, il tergiverse comme il en a l’habitude pour essayer de calmer la partie gauche de sa majorité. Les grincheux, les écolos, ceux qui s’opposent  à la modernité à l’Europe, à l’intégration au monde, au progrès technologique.

D’un côté, François Hollande joue donc sans réserve la carte de l’autorité économique, de l’intégration européenne, de l’acceptation du progrès scientifique et de l’économie de marché qui fonctionne partout dans le monde, sauf en Corée du Nord. Dans ce cas-là, il a une petite chance de pouvoir remettre la France sur ses rails, il a une petite chance d’échapper à la tempête monétaire qui se prépare pour le printemps prochain. Il a une petite chance de pouvoir dans deux ans présenter un début de résultat.

De l’autre, il choisit d’essayer de restaurer une majorité politique, celle qui l’a élu mais qu’il a trahi et qui ne reviendra pas voter pour lui. Dans un contexte de ruine économique et financière, le programme écologiste c’est la non-croissance, le programme de l’extrême gauche, c’est le repliement sur l’hexagone. Pas un responsable politique de la gauche rebelle n’a la moindre idée sur les moyens de rembourser la dette.

Dans le premier scénario, Manuel Valls et son ministre de l’Économie peuvent faire le pari d’une cohabitation musclée mais intelligente. Dans le deuxième cas, il est évident que Manuel Valls et ses  coéquipiers n’ont aucune raison de rester sur un bateau qui ressemblera de plus en plus au Titanic. Ce soir, la moindre virgule, la moindre hésitation du Président sera déterminante.