Avec Erasmus, pas besoin du sommet de Bruxelles pour plus de fédéralisme !

A l’heure où la question du fédéralisme européen provoque la réticence de nombreux gouvernements, la nouvelle génération semble plutôt enclin à plus d’Europe. Illustration avec le succès du programme Erasmus.

Les dirigeants de la zone Euro se réunissent jeudi et vendredi pour décider de l’avenir de la monnaie unique, mais aussi pour aborder la question du fédéralisme européen. Une idée qui commence doucement à faire son chemin dans les couloirs de Bruxelles. La jeune génération, elle, n’a pas attendu Hollande, Merkel et les autres pour vouloir plus d’Europe. En témoigne le succès du programme Erasmus qui permet, depuis 25 ans, aux jeunes d’étudier et de vivre dans les 33 pays européens qui participent au programme.

L’année dernière, 213.000 étudiants ont obtenu une bourse Erasmus (European Region Action Scheme for the Mobility of University Students). Le programme d’échange s’avère être celui qui connaît le plus grand succès dans le monde. Il faut dire que le programme est avantageux : exonération des droits de scolarité de l’université d’accueil, reconnaissance de la partie des études effectuées à l’étranger, maintien des bourses et couverture sociale du pays de l’université expéditrice.

Une solution qui a séduit Mathilde, une étudiante d’origine Nîmoise qui a effectué 10 mois à Kassel, en Allemagne, pour terminer sa licence d’histoire. Cette expérience lui a aussi permis de mieux comprendre l’Europe et de forger son opinion sur la question du fédéralisme européen : « J’ai remarqué qu’en France comme en Allemagne, l’UE actuelle ne contente pas grand monde. Ce dont nous avons besoin, c’est un vrai pôle politique puissant, pas qu’économique », affirme-t-elle. « Je pense aussi qu’il faut une Europe qui ne soit pas centralisée, mais avec une vraie subsidiarité ».

A l’image de la jeune étudiante, la nouvelle génération n’émet pas de réserve à l’idée d’une Europe plus fédérale. Reste donc à Mathilde et aux 2,3 millions d’anciens étudiants Erasmus de faire entendre leur voix, cette fin de semaine à Bruxelles.

Audrey Mangin et Julien Gagliardi