Berlusconi pointe son nez … Mario Monti s’en va !

Coup de théâtre en Italie : Berlusconi annonce son retour en grande pompe. « Je reviens pour gagner », a-t-il déclaré. En retour, Mario Monti, actuel président du conseil italien, décide de démissionner. Tout juste attendra-t-il l’approbation de la loi de stabilité budgétaire, au plus tard fin décembre.

C’est l’étonnement général face au « Cavaliere », qui se présente pour la sixième fois depuis 1994. « Il n’y a pas d’autre Berlusconi en mesure de battre la gauche », clame t’il, « je me consacre à nouveau à la chose publique pour le bien du pays et avec le sens des responsabilités que j’ai toujours eu ». Il est pourtant très peu soutenu, du côté italien comme en Europe. Dans le pays, son parti est crédité de 14 % dans les sondages, contre 38 % en 2008. Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, regrette quant à lui M. Monti et son gouvernement qui « ont redonné à l’Italie […] son rayonnement et son honneur ». Pierluigi Bersani, chef du Parti démocrate italien a relevé l’ « acte de dignité » de Monti face à « l’irresponsabilité » de la droite « qui a trahi l’engagement pris il y a un an ». Berlusconi avait en effet soutenu pendant un an le gouvernement Monti, en pleine crise des marchés.

L’intéressé a réagi de façon très légère à la démission de son successeur : « Il change peu de choses ; nous avons ainsi une anticipation de la date du vote d’un mois, un mois et demi », a-t-il jugé, citant comme date possible le 24 février, alors que les élections étaient normalement prévues pour avril. Le « Cavaliere » va faire campagne sur les impôts qui grèvent les classes moyennes, l’absence de croissance, et critiquer une Europe qu’il décrit volontiers comme soumise aux volontés de l’Allemagne. C’est un véritable retour à la case départ pour l’Italie, près d’un an après l’avoir écarté du pouvoir sous les pressions des marchés financiers. Selon un sondage publié avant sa déclaration, 73 % des Italiens ne souhaitaient pas qu’il se représente.

Mario Monti, de son côté, considère sa démission comme « irrévocable ». Il « a désormais les mains plus libres », souligne le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini. Les centristes et une partie de la droite désirent en effet le voir s’engager en politique afin de contrer le « berlusconisme ». Une façon d’« éviter que le pays ne soit à nouveau au bord d’un gouffre à la grecque »,  assure Pier Ferdinando Casini, le président du parti centriste UDC. Mario Monti garde pour l’instant le silence sur cette éventualité…

Sur la scène européenne, il est vu comme l’artisan de l’assainissement durable de l’économie italienne, la troisième de la zone euro. L’annonce de sa démission a donc provoqué une panique au sein des marchés. La Bourse de Milan s’enfonce dans le rouge, chutant de plus de 3,25%, tandis que les emprunts à dix ans se tendent nettement.

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