Bonus des grands patrons : Le classement qui dérange…

Proxinvest est une société spécialisée dans les conseils auprès d’investisseurs et d’actionnaires notamment des conseils de votes lors d’assemblées générales. Basée à Paris, elle suit donc de très près les décisions qui rythment la vie des grandes entreprises.

Pour la première fois cette année, elle a établi un classement délicieusement nommé « Les Prix sucrés de la Rémunération 2010 ». Comprenez par cette allégorie la publication d’une longue liste des dirigeants d’entreprises qui se sont le plus servis via leurs rémunérations fixes et variables.

Ainsi, le classement indique que le prix « Groseille » est offert à Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale. En effet, il a obtenu en mars dernier un bonus de l’ordre de 3 millions d’euros en plus du fixe qui était à 850.000 euros. Le prix « Nèfle du Japon » est attribué à Carlos Goshn. Il avait cette année annoncé qu’il renoncerait à son bonus chez Renault. En effet, en revanche Proxinvest souligne qu’il touchera un bonus de 8 millions chez Nissan au Japon ! Et oui, dans « Groupe Renault-Nissan », il y a « Nissan »… Bien vu Carlos!

Le prix « Poire » est attribué à Henri de Castries (AXA) qui a vu son fixe passer de 500.000 € en 2007 à 950.000 en 2010. Pendant que le cours de l’action AXA, lui, chutait de 22 %. Le classement mentionne également Gérard Mestrallet. L’homme aurait perdu sa calculette puisque son bonus, en théorie plafonné à 150 % du fixe, était en 2010 de… 167 % pour une somme de 3 322 568 €.
Enfin, les analystes de la société décernent le prix « Griotte » à Henri Proglio. Il touche en 2010 un salaire de 1 604 820 € en plus de sa retraite de chez Veolia estimé à 740 000 €. On comprend mieux pourquoi le gouvernement incite les retraités à cumuler pension et salaire !

Chez Proxinvest on le promet, « si les rémunérations 2011 ne nous paraissent pas justifiées, nous referons ce classement l’an prochain ». Et il y a de grandes chances pour que la note de l’année prochaine soit tout aussi salée…