Bourse : L’habile tactique de la Société Générale

L’édito de Jean-Marc Sylvestre : Le titre de la Société Générale s’est envolé en bourse mardi après des annonces de son PDG, Frédéric Oudéa. Des annonces minutieusement calculées pour redorer l’image de la banque.

Pendant des semaines, les banques européennes ont été attaquées par les marchés internationaux. Leur fragilité a inquiété les clients et les gouvernements. La plupart des banques ont perdu la moitié de leur valeur boursière, essuyant des critiques contre des profits, des bonus et des dividendes exorbitants. Après beaucoup d’erreurs et de réflexion, Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale qui a remplacé Daniel Bouton après l’affaire Kerviel, a réalisé mardi matin un joli coup pour rassurer ses clients et redorer son image.

En effet, la banque a annoncé qu’elle provisionnerait une perte de 60 % de la dette grecque. C’est 10% de plus que ce qu’il lui avait été suggéré. La Société Générale a aussi annoncé qu’elle se débarrasserait d’actifs à risque de façon à diminuer son exposition dans les pays fragiles. Jusque là, les autres banques ont fait la même chose. C’est dire le peu de confiance que l’on peut avoir dans ce qui va se passer en Grèce.

L’annonce qui change la donne.

Mais la Société Générale a surtout fait savoir qu’elle va se recapitaliser sans l’aide de l’État. Uniquement en utilisant ses profits, ses réserves et ses dividendes. Donc, pas de dividendes au titre de l’année 2011 et certainement pas non plus l’année prochaine. Et ça, les autres banques ne l’ont pas décidé. Première conséquence, le titre de la banque s’envole en bourse et gagne 7,26%. Ce qui prouve bien que les marchés, les clients et les actionnaires sont prêts à faire confiance à partir du moment où les banquiers commencent à bien se conduire.

Le problème dans cette affaire, c’est qu’en restaurant la confiance, les banques peuvent réduire leurs champs d’activités. Elles se réorganisent c’est bien, mais elles se restructurent et taillent dans leurs effectifs. C’est beaucoup moins bien, parce que la banque a toujours créé beaucoup d’emplois. Enfin, elles surveillent leurs risques et ça aussi, ce n’est pas sans conséquence. Certaines entreprises vont avoir du mal à obtenir leurs crédits. Les banquiers crient haut et fort qu’ils n’ont pas fermé le robinet à crédit pourtant les entreprises, elles, commencent à se plaindre.